Charleroi Le collège communal de Thuin a décidé de l’octroyer à tous ses travailleurs.

Comment motiver le personnel à se montrer plus productif et à limiter son nombre de jours d’absence au travail? La Ville de Thuin pensait avoir trouvé la parade en adoptant une prime de présentéisme. Il s’agissait d’octroyer un forfait de 250 euros à tout agent comptant moins de 15 jours d’absence par an, avec des restrictions pour différentes maladies.

La ministre MR des Pouvoirs locaux Valérie De Bue vient d’annuler cette délibération prise majorité PS-CDH contre opposition MR-Ecolo au conseil communal. "Le décret du 6 novembre 2008 interdit en effet toute discrimination fondée sur l’état de santé actuel ou futur des travailleurs, notamment au niveau des avantages sociaux", indique sa notification. Elle ne touche en revanchepas aux autres dispositions prises pour moderniser la gestion des ressources humaines et faire de Thuin un labo de bien-être social.

Une tuile pour le PS emmené par son prédécesseur Paul Furlan ? "Pas du tout", indique l’intéressé qui s’attendait à se voir recaler. C’est ce qui l’a d’ailleurs amené à élargir le périmètre de la mesure à tout le personnel, de la ville comme du CPAS, "quel que soit le nombre de jours de présence au travail", dit-il. Cela dit, Furlan n’est pas convaincu par l’argument de la discrimination : "Le système des chèques repas se base sur le même principe que notre projet de prime puisque seuls les travailleurs qui effectuent des prestations y ont droit, a contrario des personnes absentes pour maladie, même de longue durée", dit-il. "Je suis curieux de savoir si la ministre va aussi s’en prendre à ce type d’avantages sociaux." Sur la forme, il critique une décision politisée et dirigée contre lui par le MR. Il note au passage que la décision ministérielle fait gravement ingérence dans l’autonomie communale.

Pour Valérie De Bue, il existe d’autres moyens de revalorisation du personnel dans les communes confrontées à l’absentéisme. Par exemple, la création d’un pilier complémentaire de pension pour les agents contractuels, afin de rattraper l’écart de revenus avec leurs collègues nommés. "Quarante millions ont été affectés en trois ans à cette mesure, qui concerne potentiellement 32.000 travailleurs dans les communes. Il y a aussi l’accès à un catalogue de formations continues ou le recours aux évaluations."