Charleroi Le combattant MMA était poursuivi pour le tiger-kidnapping d’un banquier et de sa famille.


Il aura fallu huit ans pour juger le tiger-kidnapping de l’agence Fortis de Gerpinnes. Au bout d’une enquête bâclée, un seul suspect a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Charleroi, Lamine Talbi, un champion de boxe MMA et ancien joueur de foot en salle.

Rétroactes : il est 7h45, le 28 janvier 2010, lorsque le banquier, sa femme et son fils de 13 ans sont cueillis au saut du lit par deux hommes armés et cagoulés à leur domicile de Jumet. Les tiger-kidnappeurs veulent 200.000 euros. L’un d’eux embarque l’épouse et l’adolescent dans une camionnette pour les enfermer dans un box de garage de Gilly. Le banquier est chargé d’aller chercher la rançon. Sauf que dans les coffres, il n’y a "que" 69.000 euros. Bref, les victimes paniquent et craignent des représailles. Mais les braqueurs se contentent du butin et se le font livrer le long d’une bretelle d’autoroute à Fontaine-l’Evêque. Les otages, eux, sont relaxés dans le bois de Soleilmont avec cette menace : "Si vous vous retournez, ça ira mal."

Huit ans plus tard , seul Lamine Talbi a été identifié. La substitute Dutrifoy a relevé une douzaine de "coïncidences". "La camionnette utilisée a été volée au Village n°1 de Braine-l’Allleud où travaillait Lamine Talbi. Les auteurs ont utilisé des numéros de GSM prépayés et le central du Village a appelé l’un d’eux. Enfin, le jour des faits, le prévenu a pris congé." Le parquet ajoute le témoignage du jeune otage de 13 ans qui a donné de nombreux détails. "Il a pu retrouver le box de garage en se repérant par rapport à un immeuble visible du R3. Il a pu voir son ravisseur dans le rétro de la camionnette, il avait relevé sa cagoule sous laquelle il portait des lunettes rectangulaires. Et il a précisé qu’il l’avait recroisé au Planet Foot par après, ce que les enquêteurs n’ont pas daigné vérifier." La téléphonie des GSM prépayés démontre aussi que les auteurs ont démarré de Châtelet, où habite Lamine Talbi. Et lors de la perquisition, on découvre une arme, une cagoule, une veste, des Colson prêts à être utilisés et une paire de Nike dont l’empreinte a justement été relevée dans la boue, au domicile du banquier.

Malgré la demande d’acquittement au bénéfice du doute plaidée par Me Bruno, le tribunal a suivi la thèse du parquet. Vu l’écoulement du temps, Lamine T. écope de "seulement" 7 ans de prison ferme. Son arrestation immédiate n’a pas été prononcée.