Charleroi Pour se venger, l’agriculteur avait notamment étranglé un bovin avec des sangles et son tracteur.

Dans le far-west, le vol de bétail était autrefois puni de la pendaison. Le juge Davio n’aura toutefois pas appliqué une mesure aussi radicale, lui qui avait à sanctionner un agriculteur de Momignies poursuivi pour de tels faits devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

L’affaire, qui remonte à 2011, prend sa source dans les campagnes de la Botte du Hainaut, là où les agriculteurs du crû se disputent souvent les terres avec leurs homologues flamands venus s’implanter dans le sud. Et justement, entre Marc et Wilfried, on se chamaillait quelques hectares et mécontent de la tournure des événements, le premier a ourdi une vengeance plutôt vache…

Un soir de 2011 donc, Marc a enfourché son tracteur et s’est rendu jusqu’à la pâture de Wilfried pour y sangler un bovin et l’attacher à son engin agricole pour l’étrangler jusqu’à ce que mort s’en suive. La pauvre bête, qui n’avait rien demandé d’autre que de brouter quelques malheureux brins d’herbe, aura donc payé de sa vie une simple divergence de points de vue entre deux humains un peu trop soupe au lait.

Malgré ce "meurtre", la colère de Marc ne s’est pas estompée. Puis, un autre soir, il a embarqué quatre vaches de Wilfried dans sa bétaillère pour aller les déposer à quelques kilomètres de là, dans une autre pâture. La "farce" aurait pu être drôles, si une fois de plus, les bovins n’en avaient pas été les dindons ! Car transbahutées de l’autre côté de la frontière française, Marguerite, Pâquerette et ses copines sont tombées sous le joug des autorités sanitaires de l’Hexagone. Et en matière de viande bovine à la provenance inconnue, on ne rigole pas : c’est l’abattoir ! C’est ainsi que Marc a fait quatre victimes de plus, juste pour apaiser quelques rancœurs.

Interrogé par les forces de l’ordre, l’agriculteur a reconnu le vol de bétail. Une médiation pénale a donc été entamée, mais entre les deux fermiers, la hache de guerre était déclarée et aucune conciliation n’a pu être trouvée. C’est donc devant le tribunal correctionnel que l’affaire a abouti, sept ans plus tard. Wilfried réclamait plus de 20.000 euros de dommages, mais Me Eteve, conseil de Marc, avait conservé sous le sabot quelques arguments pour solliciter la réductions frais. Le tribunal lui aura donné en partie raison puisque son client ne devra verser "que" 10.214 euros. Et vu l’écoulement du temps, l’agriculteur irascible s’en sort avec une simple déclaration de culpabilité.