Charleroi

Terrorisée, l'ex d'El Tayib a préféré fuir en France sans son enfant.

La séparation entre Maureen et El Tayib s'est très mal passée. Déjà victime de violences conjugales durant leur relation, qui a donné lieu à la naissance d'un enfant, la jeune femme n'a pu se dégager de l'emprise de son ex qui revenait régulièrement à la charge. La nuit du 3 au 4 juillet 2017, El Tayib s'est présenté à son ancien domicile. Sachant que Maureen se réfugiait souvent chez sa voisine, il n'a pas hésité à défoncer la porte de cette dernière pour se jeter sur son ex et la rouer de coups.

La police est finalement intervenue et a ramené l'intéressé au poste. Mais malgré un passage à "l'amigo", El Tayib ne s'est pas calmé. "Dès sa sortie, il est retourné chez la voisine qui s'était barricadée en plaçant un frigo devant sa porte", explique la substitute Van Hollebeke. "Malgré cela, il est parvenu à entrer et a sauté à la gorge de ladite voisine qui est tombée à la renverse. Elle s'est défendue en lui donnant des coups de pieds dans les parties génitales. Mais il l'a encore frappée violemment dans les côtes, lui occasionnant un sérieux hématome."

Vu les dénégations d'El Tayib à l'audience, le parquet s'est empressé de rappeler qu'un dossier "Jeunesse" avait été ouvert à propos de l'enfant du couple, témoin de la plupart des scènes de ménage. "J'ai beaucoup de craintes pour ce gamin", ajoute la magistrate. "Sa mère était tellement terrorisée qu'elle a préféré s'enfuir vers la France. Elle n'a pu emmener son enfant avec elle et ce dernier se retrouve entre les mains de son père."

Vu la gravité des faits, le parquet a requis un an de prison à l'encontre d'El Tayib, déjà condamné à plusieurs reprises pour des faits de stups. Me Laurent, conseil de l'intéressé, rappelle qu'en emprisonnant son client, son enfant se retrouverait seul. "Il a respecté les mesures de probation et n'a plus jamais consommé de drogue", poursuit l'avocat qui sollicite cette fois une peine de travail. Ou tout du moins une sanction qui ne ferait pas tomber les sursis de ses précédentes condamnations.