Charleroi Le parquet requiert une peine ferme contre cet habitant d’Estinnes.

Maurice est furibard et il le montre, dès son arrivée à la barre du tribunal correctionnel de Charleroi, par des gestes menaçants envers son ex-compagne. C’est elle, effectivement qui a porté plainte à la police, en janvier dernier, en l’accusant de faits de moeurs à l’égard de leur fille commune. Ce qui vaut aujourd’hui à Maurice d’être détenu préventivement et de risquer une peine de prison ferme pour attentat à la pudeur sur une mineure.

Les faits se seraient produits au sein du cocon familial, à Estinnes, lorsque la mère de l’enfant travaillait. La fillette aurait ainsi expliqué qu’elle jouait à "saute-zizi" avec son père et que ce dernier menaçait de la frapper si elle dévoilait leur petit secret. "La famille est unanime : le prévenu avait l’habitude de proférer des commentaires salaces à l’égard de mineures. Depuis qu’il n’est plus là, l’enfant va beaucoup mieux. Elle ne souffre plus de l’infection urinaire qui la rongeait à l’époque", explique la partie civile qui, à l’instar du parquet, évoque des dessins éloquents réalisés par la fillette, montrant un adulte mettre son sexe dans la bouche d’un enfant… 

Pour la substitute Vairon, ces dessins sont spontanés et appuient l’expertise qui démontre que la petite est bien crédible. "Elle se sent coupable et se montre agressive lorsqu’on évoque le sujet", ajoute le parquet qui précise qu’à l’époque, le prévenu souffrait de dépression et que sa vie sexuelle était réduite à néant. 

Maurice, lui, invoque une cabale ourdie par le "coucou" qui veut le remplacer au sein du nid. Son avocat, Me Fosseur, a d’ailleurs brandi des photos de baisers échangés par les prétendus amants et immortalisés sur Facebook. "Madame retrouve une photo pédopornographique sur une clé USB, soi-disant cachée dans les sous-vêtements de mon client. Ce qui est étrange, c’est que tout le matériel informatique de celui-ci avait déjà été analysé par les enquêteurs, qui n’ont rien découvert d’anormal", a précisé l’avocat qui constate que l’examen gynécologique de l’enfant est lui aussi négatif. "En revanche, on a la preuve que la fillette est manipulée. Dans ses propos, on sent que son père a été diabolisé", conclu Me Fosseur.
Alors, père abuseur ou complot machiavélique ? Le tribunal rendra sa décision le 13 juillet.