Charleroi On a estimé à 1,7 million d’euros le montant de ses malversations.

Pendant plusieurs années, Benoit Parmentier a mené la grande vie : voitures de luxe régulièrement renouvelées, montres de marque, vêtements griffés, stylos de grande classe, rien n’était trop beau, ni trop cher.

En 2013, le vernis a craqué, quand il a commis l’erreur de vouloir acheter une voiture de luxe en payant en liquide, et que cela a fait apparaître de curieux transferts de fonds vers son compte personnel.

C’est que Benoit Parmentier, jusqu’alors avocat au barreau de Charleroi, gérait l’argent d’administrés qui n’étaient plus en mesure de le faire, parce qu’ils en avaient été déclarés incapables, qu’ils étaient sans parents proches, et placés en institution.

C’est avec l’argent de ces clients qu’il vivait bien et largement. On a fait le total de ce qu’il avait pu détourner, en maquillant les rapports qu’il devait rentrer régulièrement pour témoigner de sa bonne gestion.

On est arrivé au total de 1,7 million d’euros. Benoît Parmentier n’a jamais comparu devant le tribunal correctionnel, pour des raisons médicales.

Ce lundi, le tribunal l’a condamné à cinq ans de prison, avec sursis pour la moitié.

Dans son jugement, il évoque entre autres le cas d’une victime d’un accident de roulage, qui avait reçu un capital de 680 000 euros. Au décompte final, il ne restait plus, sur ce compte, que 14,85 euros.

Le jugement utilise des termes particulièrement sévères à propos de ces agissements puisqu’il parle de "pillage", "d’atteinte à l’honneur de la profession d’avocat", et de "double trahison", tant vis-à-vis de ses administrés que des autorités judiciaires.

Le tribunal a aussi prononcé la confiscation de la somme de 1,7 million d’euros.