Charleroi

John, que les policiers ont retrouvé dans les fourrés, plaide l’acquittement malgré l’ADN

C’était en 2014, à Thuin. Ce jour-là, trois cambriolages étaient commis par plusieurs individus. Lors du troisième fait, les malfrats avaient violenté l’occupant des lieux qui les avait surpris en train de s’emparer d’une montre, d’argent et d’une « tirelire-cochon ».

La police avait été rapidement avertie et s’était lancée à la recherche d’un 4X4 Kia. Repéré, le véhicule avait pris la fuite et une course-poursuite s’était engagée sur les routes thudiniennes. Au cours de ce gymkhana, les truands n’avaient pas hésité à tirer en direction des combis et les policiers avaient à leur tour ouvert le feu.

La Kia s’était finalement immobilisée près du domaine de Pincemaille à Estinne-au-Val, mais à l’arrivée des forces de l’ordre, les occupants avaient déguerpi dans les bois. Le périmètre a immédiatement été cerné et, finalement, deux individus ont été débusqués alors qu’ils se cachaient dans la végétation. « Je n’ai rien avoir avec ces vols », affirme aujourd’hui John Desterq, à l’heure de comparaître devant le tribunal correctionnel de Charleroi. « Si on se cachait, c’était pour d’autres raisons : moi, je venais acheter de la beuh chez mon dealer qui roule justement en Kia. Et Johnny, lui, n’était pas rentré de congé pénitentiaire ».

Sauf qu’un sacré détail vient mettre à mal la version du prévenu : son ADN a en effet été relevé au centre du volant du 4X4. « Ah oui, mais la veille, j’étais venu voir mon dealer et j’ai dû déplacer son véhicule car il avait plusieurs clients », ajoute John Desterq devant une juge Jadin dubitative. D’ailleurs, cette dernière avait déjà trouvé l’explication « rocambolesque » dans son premier jugement, pris par défaut et qui avait condamné John à 2 ans de prison ferme.

Le substitut Bouilliez évoque lui aussi des excuses farfelues. « On le retrouve caché là où la voiture a été abandonnée et son ADN figure sur le volant. A cela, il faut ajouter son pedigree : il y a actuellement 9 titres de détention qui font qu’il est en prison. Il vient encore d’être placé sous mandat, et ce, pour des faits de même nature ». Bref, le parquet requiert le maintien des 2 ans de prison déjà prononcés.

Mais pour Me Lauvaux, conseil de John, capable n’est pas coupable. « La victime, qui a été confrontée à ses agresseurs, le disculpe suite au line-up. Les descriptions qu’elle a d’ailleurs données ne correspondent pas. Et le chien policier ne l’a pas non plus marqué. Un doute existe et, dans ce cas, il faut l’acquitter ».

Si John Desterq sera fixé sur cette affaire le 6 juin prochain, il n’en a pas pour autant fini avec la Justice. Une Justice qu’il connait bien puisqu’il a régulièrement affaire à elle. En 2017, il avait même réussi à s’évader de la prison de Jamioulx et n’avait été repris qu’après un an de cavale. Dans l’entremise, plusieurs condamnations sont tombées…