Charleroi Deux pensionnaires de la clinique condamnés. 

Christel Carion avait, en 2014, été admise au Centre psychiatrique Saint-Bernard, à Manage, où elle espérait se remettre d’une profonde dépression. Pour son malheur, son chemin a croisé celui de deux pensionnaires du même établissement : elle a consommé des comprimés de méthadone que l’un d’eux dealait et que l’autre lui a remis, et elle est décédée. L’enquête ouverte au moment de son décès a rapidement laissé apparaître qu’un certain Jimmy, un toxicomane en traitement, vendait des gélules de méthadone au sein du centre, au prix de 5 euros la pièce. Il avait parmi ses relations dans l’établissement Rudy, un alcoolique en cure, qui avait consommé un rail pour soulager son mal de dos.

Le scénario avait été dramatiquement simple : Jimmy avait vendu quatre gélules à Rudy, qui les avait fournies à Cristel, qui en était morte. Rudy prétendait ne pas savoir les risques qu’il faisait courir à cette « cliente ». Pourtant, pendant l’enquête, il avait bien dû le reconnaître, il avait « vu Cristel piquer du nez ». Et puis cet autre aveu encore, selon quoi elle « était vraiment stone », après qu’on lui eut dit « avec ça tu vas dormir comme un bébé… »

Pour le parquet, Rudy devait savoir les risques pris, et en avoir rapidement mesuré les effets, tout comme Jimmy, consommateur de stups, savait ce que pouvaient en être les conséquences même s’il n’avait pas directement remis la méthadone à la victime : le lien causal existait, entre ce petit commerce et le décès de Cristel.

Dans le jugement rendu hier, le tribunal a souligné l’esprit de lucre de Jimmy, commerçant en méthadone, totalement désintéressé du sort de sa victime, en dépeignant un Rudy entièrement dépourvu de prise de conscience.

Jimmy a été condamné à quatre ans de prison et 1000 euros d’amende, avec sursis de 5 ans pour la prison, Rudy à quatre ans de prison avec sursis de 5 ans pour ce qui dépasse 18 mois, et 1000 euros d’amende.