Charleroi

Un jeune Syrien de 19 ans a comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour participation à une organisation terroriste et menaces d'attentat. 


Ex-enfant soldat, il a abouti en Belgique et fréquenté plusieurs centres Fedasil où son comportent a inquiété les autorités. Il a notamment diffusé des images de propagande terroriste et menacé "de tuer des gens en Europe". Malaa-Eddin A. a combattu le régime Syrien de Bachar El-Assad alors qu'il était encore adolescent. Malgré les tentatives de son père de l'extraire du conflit, l'enfant-soldat s'est entêté, avant de rejoindre l'Europe, et finalement la Belgique, en 2015.

"Il a écumé les centres Fedasil où son comportement belliqueux et son état d'esprit a fini par inquiéter son tuteur qui a alerté le parquet de Bruxelles", explique le procureur fédéral Vincent Fiasse. "Son profil radicalisé et religieux, malgré une consommation d'alcool et de stupéfiants, laissait croire qu'il pouvait passer à l'acte sur un coup de tête."

Le parquet fédéral a relevé divers éléments contextualisant le comportement de Malaa-Eddin A. Il a ainsi déclaré "être venu en Belgique pour tuer des gens", avant de demander à une syrienne chrétienne de devenir son objet sexuel, ce qui a déclenché une altercation dans le centre Fedasil. Alors qu'il était mineur, une première perquisition avait permis de découvrir des références à des organisations terroristes dans son GSM.

Devenu majeur le 8 janvier 2017, Malaa-Eddin A. a été placé en résidence du CPAS à Estinnes. Là encore, ses propos ont inquiété une assistante sociale, ce qui a justifié l'ouverture d'une instruction et des écoutes téléphoniques. Lors d'une conversation portant sur un départ vers la Syrie, il a déclaré "qu'il était prêt à tuer des policiers". Le 23 mai 2017, une nouvelle perquisition a été menée, avec la découverte de photos et de vidéos de propagande, notamment sur Instagram, ainsi que des "amitiés" Facebook proches de l'EI ou d'Al-Qaïda.

Si le parquet fédéral estime ne pas avoir d'éléments pour prouver les menaces d'attentat, le procureur a estimé établie la prévention de participation à une organisation terroriste. Il requiert une peine de trois ans de prison avec un sursis probatoire pour le tiers de la peine.

Me Behogne a rappelé le statut d'enfant-soldat de son client qu'il décrit comme influençable et fanfaron. "Lorsqu'il était mineur, on n'a apporté aucune réponse à son comportement, ni un rappel à la loi, ni une aide relative à la protection de la Jeunesse. Au départ, ce jeune homme est avant tout une victime." Au terme de sa plaidoirie, l'avocat a sollicité une peine de maximum deux ans de prison, sans pouvoir demander un sursis probatoire, son client n'ayant pas d'attache ni de domicile en Belgique.

Jugement le 6 juin.