Charleroi Paul Magnette (PS) refuse de renoncer au projet de la Porte Ouest.

Un port de plaisance devant la gare, des business towers dans le quartier des finances et maintenant une infrastructure de golf à 5 minutes du centre-ville : vous n’êtes pas à Monaco, ni dans une luxueuse station balnéaire de Floride, mais à… Charleroi.

Dans le cadre d’une double question sur l’avenir de la friche de Carsid, le bourgmestre a donné sa vision du réaménagement de la zone Porte Ouest.

Il veut en faire un quartier arboré avec un parc d’activité économique de la nouvelle génération : l’espace serait accessible à la population, il ferait écho au poumon vert du domaine du château de Monceau dans le prolongement de la vallée de la Sambre.

À la seule différence que des entreprises pourraient y établir leurs sièges d’activité. Si l’idée de départ était d’y travailler avec le propriétaire du site, le groupe Duferco a dû jeter l’éponge. Pour trois simples et bonnes raisons.

"D’abord, il y a eu une mobilisation citoyenne après l’annonce du démantèlement de l’outil, et la démolition d’infrastructures de production. Un collectif s’est mis en place pour préserver le haut-fourneau n°4", rappelle Magnette. "Cela a débouché sur la création d’une commission communale de protection du patrimoine industriel. Au printemps, celle-ci a remis ses recommandations dans un rapport."

Ensuite, la Ville a décidé de stopper la réindustrialisation des bords de Sambre afin de "rendre la rivière à la population."

Tous les projets situés dans la zone nord ont dû être abandonnés. Enfin, et c’est l’élément qui a fait capoter le partenariat public-privé, l’Europe a condamné Duferco à rembourser à la Wallonie 45 millions d’aides publiques jugées illégales.

Pas question de renoncer pour autant au projet de la Porte Ouest, selon Magnette. "Une négociation a été entamée pour le rachat des terrains d’une étendue de 104 hectares."

L’objectif des pouvoirs publics est d’en reprendre le contrôle. À ce stade, aucun opérateur (NDLR : région, Sogepa, Igretec, etc.) n’a été désigné. S’il y a divergence sur les montants, le chef de la majorité espère un accord dans les mois à venir.

Une étude de territoire a été lancée avec le comité de développement stratégique : elle doit aboutir à un avant projet qui sera soumis à l’approbation du conseil.

On l’a compris, le nouveau parc d’activité de Carsid n’est pas pour demain. D’ici à ce qu’un fairway soit aménagé dans la zone, beaucoup d’eau s’écoulera encore sous le pont Roi Baudouin.