Charleroi Menacé par le Hamas, il demande l’asile à la Belgique.


Sahran Aboullakoub est un reporter palestinien qui a déjà œuvré pour bon nombre de médias européens. Il est toutefois dans la ligne de mire du Hamas, le mouvement islamiste de la bande de Gaza, qui l’accuse d’être un espion à la solde de puissances étrangères. Le journaliste a d’ailleurs été arrêté à trois reprises, lorsqu’il travaillait avec un collègue hollandais sur un reportage mettant en avant l’utilisation d’esclaves dans la construction de tunnels entre l’Égypte et Gaza. On lui reprochait également d’avoir filmé des installations militaires lors d’un documentaire sur les problèmes d’électricité à Gaza. Lors de l’une de ces incarcérations, les sbires de la branche armée du Hamas n’ont pas hésité à lui casser les doigts…

Menacé de mort, Sahran Aboullakoub a fui Gaza en payant 20.000 euros pour s’échapper via des tunnels. Ayant un visa espagnol, il comptait dans un premier temps rejoindre l’Espagne. Mais le Hamas était sur ses traces et, vu les menaces précises, il a préféré changer de destination et atterrir en Belgique pour y demander l’asile. Le 21 juin, il a donc été arrêté à l’aéroport de Gosselies, puisqu’il se trouvait en séjour illégal sur le territoire, et incarcéré au centre Caricole de Zaventem.

Le reporter palestinien demande l’asile à notre pays, mais les autorités belges refusent pour l’instant de lui accorder. Selon la Fédération International de Journalisme, l’expulser équivaudrait à une "sentence de mort". Son état de santé est en outre préoccupant et se dégrade de jour en jour.

Le cas de Sahran Aboullakoub était évoqué ce lundi devant la chambre du conseil de Charleroi, qui devait statuer sur le maintien (ou non) de sa détention. La demande de mise en liberté a toutefois été jugée sans objet puisque, depuis lors, le journaliste est sous le coup d’un deuxième titre de détention délivré par l’Office des Étrangers. Bref, la situation est en stand-by.


(photo d'illustration: deux journalistes de Gaza ont déjà été tués récemment, menant à des protestations de la part du monde médiatique palestinien)