Charleroi

Pour soigner les cervicales d'une patiente, il lui avait « massé » le sexe.


Lorsque Marianne se rend chez son kiné, en novembre 2016, elle ne s'attend pas à subir une agression sexuelle. Souffrant des cervicales, elle voit avec étonnement le praticien la soigner...en lui massant les seins. « Je me sentais mal à l'aise », a-t-elle expliqué. « Il m'a dit qu'il savait que j'étais célibataire et qu'il y avait d'autres moyens de se détendre ». Joignant le geste à la parole, Jean-Pierre H. est descendu plus bas, glissant la main sous les dessous de sa patiente pour lui introduire un doigt dans le vagin.

Bouleversée, Marianne s'est empressée de déposer plainte à la police qui a interpellé le kinésithérapeute illico. « C'est par erreur que je l'ai touchée. Et ça n'a duré qu'une seconde », a-t-il déclaré aux enquêteurs. Mais devant le juge d'instruction, il a tenu un tout autre discours : « C'était comme de la drague de rue : avec certaines, ça fonctionne. Si l'occasion se représente, en fonction des réactions, je pourrais le refaire ».

A l'audience, le kiné, aujourd'hui septuagénaire, faisait moins le fanfaron, reconnaissant uniquement l'attentat à la pudeur et contestant le viol. Mais pour le parquet, les faits étaient bien établis. « Il a profité d'une patiente qui n'a pu se défendre, tant elle se sentait mal à l'aise. C'est particulièrement glauques », a grondé le substitut Bouilliez, tout en réclamant 3 ans de prison.

Me Ureel, conseil de Jean-Pierre H., a pour sa part émis un doute quant au viol. « Il y a bien eu massage, mais pas pénétration », a plaidé l'avocat tout en rappelant que son client avait dû cesser ses activités et expliquer les faits à ses proches, suite à cette affaire. C'est donc une suspension du prononcé qui a été sollicitée par la défense.

Ce mercredi, le tribunal a toutefois estimé l'ensemble des faits établis, pour condamner le kiné pervers à 3 ans de prison. Vu son grand âge et la cessation de ses activités, un sursis total lui a été octroyé.