Charleroi Olivier Henry prête serment ce jeudi à la Chambre.


Avant de déraper dans son discours du 1er mai, Eric Massin avait annoncé sa démission de la Chambre à la tribune de la fédération PS. Il est rapidement passé de la parole aux actes, conformément aux engagements de décumul pris devant les militants.

Son suppléant sera installé ce jeudi : Olivier Henry a en effet pris le temps de régler la question de son départ avec son employeur privé. Trois semaines plus tard, il prête serment ce jeudi en début d’après-midi et devrait prendre la relève de son prédécesseur dans les différentes commissions où il siégeait, dont celle de l’Action sociale. Une matière que le nouveau député fédéral connaît bien pour exercer le mandat de président du CPAS à Fleurus, fonction qu’il poursuivra jusqu’au terme de la mandature communale.

Olivier Henry avait été élu pour la première fois en 2010 à la Chambre comme suppléant d’Elio Di Rupo, nommé Premier ministre. Il avait échoué aux législatives de 2014 où il occupait la même place sur la liste du PS du Hainaut : malgré un excellent score de près de 9.000 voix de préférence, à un demi-millier de celui de Massin, il avait dû se résoudre à rester sur le banc des réservistes au lendemain du scrutin. La nuit même, il avait cru à sa réélection puisque le parti pointait avec 10 des 18 sièges du Hainaut, dont celui d’Annie Taulet, qui avait indiqué son intention de ne pas siéger. Mais l’apparentement lui a joué un vilain tour en en ramenant le nombre à neuf.

C’est pour une durée d’un an presque jour pour jour que le nouveau député revient au Parlement fédéral. Les élections de 2019 se tiendront le 26 mai : "Je dispose donc d’un crédit de 365 jours pour me faire reconnaître dans mes compétences."

Spécialisé dans le secteur de la finance, le mandataire âgé de 46 ans a d’abord travaillé dans le secteur bancaire avant de se mettre au service de plusieurs ministres PS en Wallonie puis au fédéral : conseiller au budget de Jean-Claude Van Cauwenberghe, Michel Daerden puis Elio Di Rupo, il a intégré le cabinet de Paul Magnette en tant que secrétaire politique avant de décrocher son premier mandat à la Chambre. Puis de retravailler deux ans pour Christophe Lacroix.

Vers une demande de levée d’immunité ?

Deux semaines après le dépôt de sa plainte pour insultes sexistes avec constitution de partie civile, la bourgmestre MR de Courcelles, Caroline Taquin, n’a aucun retour sur les suites judiciaires de son dossier. Or, une chose est sûre : pour citer ou renvoyer devant une cour ou un tribunal l’ancien président de la fédé PS de Charleroi, Éric Massin, le parquet doit d’abord obtenir la levée de son immunité parlementaire. À l’époque, il était député fédéral.

"En vertu des articles 58 et 120 de la Constitution, un parlementaire ne peut être poursuivi ou recherché à l’occasion des opinions et votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions. Cette irresponsabilité parlementaire a une portée absolue et générale, c’est-à-dire qu’elle vaut aussi bien sur le pan pénal que sur le plan civil et disciplinaire", dit la loi. La levée d’immunité est décidée par l’instance où siège le mandataire concerné, ici la Chambre des représentants.

Si le parquet ne classe pas sans suite, cela ne manquera pas de plomber sa campagne : Éric Massin a fait le choix de se présenter à la tête de la liste PS provinciale du canton, où il succède à Yves Lardinois. De son score en voix de préférence du 14 octobre dépend son avenir au sein du gouvernement du Hainaut, si bien entendu le parti est encore au pouvoir sous la prochaine mandature.