Charleroi

Parler aux peuples et changer les mauvaises habitudes sont les seuls moteurs de son voyage.


« En premier la nature, en deuxième les gens et en troisième, moi ! » Voilà l'ordre des priorités de Martin Hutchinson.

Cet ancien pompier de Manchester parcourt le monde entier avec son vélo couché et son labrador Starsky, adopté au Portugal.

C'est à Charleroi qu'il a fêté sa treizième année sur les routes. Si son périple commencé au Mexique en 2006 l'a conduit sur les chemins du Pays Noir, c'est pour témoigner de l'importance de la protection de l'environnement.

En visite à la caserne de Marcinelle pour 2 nuits, le globe trotter rassemble autour de lui ses collègues belges pour diffuser son message. 

Bienvenus à la carserne de Marcinelle

Ébahis devant l'exploit physique qu'il accompli chaque jour, Les soldats du feu carolos n'en reviennent pas de l'humilité de Martin. « Il a parcouru 34.000 km à pied et déjà 14.000 à vélo et cela lui semble normal », s'étonne un pompier, le souffle coupé.

Quand certains décident de changer de vie pour découvrir les plus beaux paysages du monde, "Starsky" et Hutch le font pour découvrir la pollution qui envahit de plus en plus notre planète bleu.

« L'eau est la ressource la plus importante et nous la gaspillons sans problème pour fabriquer des objets qui ne nous seront utiles que quelques instants comme les emballages et l'électroménager », s'indigne Martin. « J'ai vu de par le monde des décharges à ciel ouvert n'inquiétant que très peu les gouvernements. »

Ces gouvernement justement, il ne veut pas en entendre parler. Il ne veut pas être instrumentalisé pour une quelconque cause écolo ou juste satisfaire l'ego d'un politicien en mal de visibilité... mais il ne les rejette pas non plus. Il se sent bien plus utile dans une salle de classe qu'à la tribune de l'un ou l'autre parlement.

"Je ne fais pas de politique!"

Il croit à l'éducation et aux changements de mauvaises habitudes. Martin ne fait pas que critiquer, il apporte aussi des solutions. Souvent simples, elles favorisent en plus les rencontres humaines : « Pour quelles raisons épargner pour acheter un mixer qui ne servira que quelques fois, n'est-il pas mieux de le louer quand on en a besoin ? Il n'y a pas besoin de gouvernements pour faire ce genre de choses ! »

Son opinion sur Charleroi est très encourageante : « oui c'est une ville très salle et polluée, ce qui est bien c'est que tout est à faire en adoptant dès le début les bons comportements. »

Son moyen de locomotion est aussi un exemple de sa philosophie : un vélo couché à zéro émission de CO2. « Pourquoi me refermer sur moi-même sur un vélo traditionnel, je veux justement que les gens se sortent la tête du guidon alors en restant ouvert sur le monde je peux mieux le voir. »

Parler de lui ne l'intéresse que très peu. Comment il finance ses voyages, comment il se nourrit, qui l'attend au pays,... ? « N'ayant besoin de rien, j'ai épargné toute ma vie, je dors chez l'habitant ou à la belle étoile, je mange et bois quand j'en ai besoin. J'ai des frères et soeurs dans le monde entier. Je ne suis pas marié et n'ai pas d'enfant. Ce n'est pas une raison pour offrir aux futures générations un tel environnement géré par l'irresponsabilité des grandes entreprises qui ne se baissent que pour ramasser des millions. »

Après son séjour chez nous, Martin et Starsky reprendront leur chemin pour le Luxembourg avec, en ligne de mire, l'Australie.