Liège Moins de monde au PTB... mais plus de passion !
Chaque année, on ne peut passer à côté de ce rendez-vous politique qu'est le rassemblement du 1er mai à Liège. Un rassemblement de la gauche qui se mobilise, qui se réconcilie avec ses fondements et surtout, à moins de 6 mois d'un scrutin majeur (élections communales et provinciales), qui lance officiellement la campagne.
À Liège toutefois, depuis que l'extrême gauche perce dans l'opinion, le duel entre le kiosque (PS) et la place Saint-Paul (PTB) fait rage. Donnant presque l'avantage au PTB en 2016.
Mais 2018 est une année importante pour le PS. Car le parti est dans l'opposition tant au Fédéral qu'à la Région et que l'issue du scrutin n'a plus été aussi incertaine à Liège depuis longtemps; Liège, ville où le PS et le CDH sont au pouvoir depuis... 1988 !
Plus de 1.000 sympathisants socialistes s'étaient déplacés dans le parc d'Avroy ce mardi matin. Pari à moitié réussi. Jean-Pierre Hupkens, président de la Fédération liégeoise du PS, n'avait cependant pas opté pour un discours optimiste. Il sait que ce 1er mai 2018 est une journée de lutte... et que tout est à refaire. Un mot sur la droite et cette volonté de surfer sur l'affaire Publifin, sur l'outil Liégeois qu'est Resa... "Il n'est pas question pour nous de laisser la droite libérale ni personne se livrer à un détournement d'actifs en spoliant les Liégeoises et les Liégeois d'un outil économique qu'ils ont payé et qui représente un levier puissant pour servir la cause commune. Pour la droite ultralibérale, il s'agit d'appliquer à Publifin comme à Carrefour et comme partout sa règle d'or, laisser faire, laisser aller, déréguler. Déréguler l'économie et donc combattre le droit du travail protecteur et les services publics".
Un mot sur les élections aussi bien sûr puisqu'il s'agira de joindre les actes à la parole... Jean-Pierre Hupkens sait que rien n'est gagné... "et la bataille des communales se gagnera maison par maison. Dans les mois qui viennent, il faudra tracter, afficher, s'afficher, organiser des rencontres, écrire, interpeller nos citoyens sans cesse et en tout lieu; au travail, dans les magasins, sur internet, dans les clubs de sport, sur les lieux de culture, dans la rue, avec vos amis, vos voisins, votre famille"... le ton est donné. Combatif.
Il faut dire qu'à quelques enjambées de là, la concurrence est rude et lorsque Raoul Hedebouw monte sur ce petit podium installé dans un coin de la place Saint-Paul, la foule, étrangement moins conséquente que les années précédentes, est en délire. Moins de monde au PTB mais clairement plus de passion, notamment lorsque ce "camarde" de la CGT raconte ce que vivent aujourd'hui les cheminots français, en grève. Pour Raoul Hedebouw, la cible du jour, c'était (surtout) le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine (MR). "Il nous parle aujourd'hui d'un effort pédagogique à fournir de la part de la population pour comprendre la pension à points. Je peux vous le dire monsieur Bacquelaine, nous n'avons pas besoin d'effort pédagogique, la pension à points, qui va diminuer le montant de nos pensions, on n'en veut pas".
Le libéralisme, la cible logique... mais aussi tout ce qui s'y apparente. Et là, le PS n'est pas épargné. "Aujourd'hui, la gauche traditionnelle voudrait nous faire la leçon en nous disant de prendre nos responsabilités. Pendant 25 ans, le PS a voté toutes les mesures de droite, c'est ça prendre ses responsabilités ?".
Article complet dans la DH de ce mercredi.