Liège André Schroyen, élu depuis près de 25 ans, tirera sa révérence politique en octobre

"C’était un homme pragmatique, qui tentait de résoudre les problèmes point par point, qui ne ménageait pas ses efforts pour atteindre le but qu’il s’était fixé". Jean-Luc Dehaene… c’est sans hésiter à l’ancien premier ministre CD & V qu’André Schroyen pense lorsqu’on lui demande qui il admire en politique. Et ce n’est pas un hasard… Son pragmatisme et son efficacité ont séduit l’échevin CDH liégeois; il s’y retrouve.

En octobre prochain, André Schroyen tirera sa révérence politique et, après un quart de siècle au service de sa ville, il revient sur sa carrière. Une carrière que cet ancien professeur de néerlandais n’envisageait ni liégeoise ni politique.

"C’est un peu un hasard que je me sois retrouvé ici. Je pensais un jour retourner à Herve mais Jacques Marneffe est venu me chercher à l’époque", explique-t-il. Le départ de William Ancion et un jeu de chaises musicales lui ont en effet ouvert des portes : il est devenu chef de groupe, puis échevin, "le hasard", précise encore modestemement André Schroyen.

Pas d’ambition politique donc mais un caractère toutefois bien trempé et une méthodologie qui semble avoir fait ses preuves, lui qui a toujours privilégié les raisonnements empiriques aux envolées lyriques… "J’ai toujours préféré la technique aux grands discours". Des chiffres, des exemples, des preuves… la meilleure manière d’éteindre un incendie sur lequel souffle un adversaire politique doit-on comprendre.

Tour à tour échevin des Finances, de la Propreté publique, de la Vie sociale et de l’Environnement, il a, dans des fonctions parfois ingrates, marqué la politique liégeoise; une politique qu’il mène encore avant tout pour sa ville insiste-t-il. "Car je ne me suis jamais occupé que de politique communale".

Élu au conseil en 1994 et échevin depuis 2004, André Schroyen, habitant de Chênée, "mon quartier", connaît bien Liège. Sa politique, il l’a voulue à son image : réaliste mais imprégnés des valeurs du CDH qu’il représente sans honte aucune.

"Quand je suis arrivé par exemple, il y avait un dossier de privatisation complète du secteur de la propreté publique sur la table du collège, je m’y suis toujours refusé. Imaginez les orages de la semaine dernière… comment les gérer si le service est privatisé ?". Pragmatique plutôt que dogmatique…

Mais pourquoi partir maintenant alors que l’incertitude plane précisément sur l’issue des prochaines élections ? "Car j’ai 67 ans, 5 petits enfants, 24 ans de service et que j’ai le sentiment profond que c’est le bon moment".

La relève ? "Je suis au CDH car je crois en certaines valeurs. Au CDH de Liège, les choses ne se sont pas toujours passées comme je l’aurais voulu. J’étais un aficionados d’Anne Delvaux je l’avoue. Mais maintenant je pense qu’il y a des jeunes et je sais qu’ils soutiennent les mêmes valeurs. Je leur laisse la place. Je refuse de dire votez pour moi tout n’en étant pas présent après"

Quant à l’avenir de Liège ? "J’espère simplement que la ville sera gouvernable, préservée des populistes, des doux rêveurs et des utopistes"

"Ceux qui disent que Liège n'a pas changé sont aveugles"

En 14 années, l’échevin a multiplié les actions pour embellir la ville...

Elles n’ont pas toujours été les plus médiatisées mais les actions menées par l’échevinat d’André Schroyen, tant aux Finances qu’à la Propreté publique, à l’Environnement ou à la Vie Sociale, ont assurément été nombreuses. L’heure du bilan a sonné… L’échevin se remémore quelques-unes de ses réalisations.

"Si je devais retenir deux choses, je dirais le fonds Fourmi mais aussi les bulles à verre enterrées". Le fonds Fourmi… un bas de laine en effet bien nécessaire alors que les finances communales sont attaquées de toutes parts. Quant aux bulles enterrées… "je reste convaincu de la pertinence de celles-ci".

Cendriers urbains, campagne anti déjections canines, renforcement de la brigade anti tags et autres appels à projet, la propreté publique est un domaine où il est nécessaire de persévérer précise l’échevin. "On commence avec 10 bulles à verre la première année, certains disent que cela ne sert à rien… puis après 5 ans, on voit le résultat". Idem pour l’appel à projets en matière de propreté, "lors du premier, nous avions 8 dossiers. Désormais, nous sommes à plus de 40". Et aujourd’hui, 13 % des Liégeois utilisent le conteneur vert, pour les déchets organiques

En tant qu’échevin de l’Environnement, André Schroyen peut aussi se targuer d’avoir mis en œuvre des dossiers comme le parc de la Chartreuse, le parc Sainte-Agathe, la Boverie "où un million a été injecté pour les espaces verts", sans oublier ces fascines végétales sur la Dérivation. Mais en matière d’environnement que les regrets sont aussi les plus grands, question de budget. "Il faudrait 1 million pour le parc de Peralta, idem pour le Jardin Botanique et 200.000 € pour la végétalisation des colonnes de la place St-Lambert". Entre autres.

Des idées, des projets, du travail… André Schroyen tenait surtout à remercier tous ses collaborateurs avant de prendre sa retraite. Quant aux critiques… "Tous ceux qui disent que Liège n’a pas changé sont aveugles et sourds".

Le coup de gueule d'André

"Si je pars, c’est aussi parce que le conseil communal a beaucoup changé. Avant, il y avait Jean-Maurice Dehousse, Didier Reynders, Jean-Pierre Grafé ou Jacky Morael… aujourd’hui, il n’y a plus le même niveau ni la même qualité dans les débats, les échanges sont plus agressifs. Et puis je suis un municipaliste or beaucoup d’interventions n’ont pas leur place au conseil. Le budget est un bon exemple à cet égard. Quand je suis arrivé, je n’étais pas un financier, alors j’ai écouté, je me suis intéressé même si c’est très technique, ensuite j’ai pu en discuter. Je pense malheureusement que beaucoup de conseillers aujourd’hui ne comprennent pas ce budget, c’est dramatique".