Liège

Le premier échevin d'Ans (province de Liège), Thomas Cialone (MR), a été verbalement agressé en raison de son orientation sexuelle par l'échevin ansois Henri Huygen (PS) en charge de l'Environnement et de l'Egalité des Chances vendredi soir lors d'une fête locale, a appris Belga de sources concordantes, y compris au sein du PS local. L'échevin socialiste a affirmé devant plusieurs personnes que "des relations entre hommes, c'était contre nature", propos que l'élu a ensuite réitéré en présence de l'intéressé.

La scène se serait déroulée en deux temps, le premier échevin étant absent lorsque M. Huygen, 5e sur la liste PS lors des prochaines élections communales, s'est approché d'une table où étaient présents plusieurs élus réformateurs locaux. L'élu a commencé à danser de façon efféminée soulignant qu'"au MR, on était habitué", allusion à l'orientation sexuelle du premier échevin, Thomas Cialone.

Une discussion entre élus s'en est suivie et M. Huygen a ajouté "que des relations entre hommes, c'était contre nature." Arrivé peu de temps après, M. Cialone a alors été interpellé par l'échevin socialiste, lequel a réitéré les propos qu'il venait de tenir.

"Dans un premier temps, j'avais décidé de ne pas porter plainte mais je me dis que de tels mots, dans la bouche d'une personnalité politique, actuellement en charge de l'Egalité des chances et futur candidat, c'est simplement scandaleux. C'est une attaque envers les homosexuels du monde entier et certains d'entre eux souffrent de telles déclarations publiques", a déclaré Thomas Cialone à l'agence Belga.

L'échevin MR ajoute qu'il déposera plainte lundi. Il compte également porter l'affaire auprès d'Unia, le Centre interfédéral pour l'égalité des chances.

Le PS local réagit

Le bureau exécutif élargi de l'Union Socialiste Communale (USC) d'Ans, qui s'est réuni samedi après-midi, attend des excuses publiques de l'échevin Henri Huygen mais réserve sa position à l'égard de celui qui est aussi candidat sur la liste pour les élections communales d'octobre prochain, a-t-il fait savoir samedi soir dans communiqué.

Henri Huygen a été entendu et a nié les faits, indique l'USC. "L'USC attend néanmoins de M. Huygen des excuses publiques, que ses propos aient pu être sujet à interprétation ou non", ajoute le PS d'Ans qui souligne "qu'il ne peut, en aucun cas, cautionner quelque propos ou comportement à caractère homophobe de la part de ses membres."

L'USC précise que, dans l'attente de ces excuses éventuelles et des développements que cette polémique pourrait prendre, elle réserve sa position à l'égard de son échevin et candidat potentiel. "Selon le cas, et avec toute la prudence de mise en cette période préélectorale, cette position pourrait être de la plus grande fermeté."

Plus tôt dans la journée, Patrice Lempereur, 19e sur la liste PS et président du comité de quartier d'Ans Coteaux avait annoncé qu'il suspendait sa campagne en soutien à Thomas Cialone. "Je suis profondément choqué et écœuré. Je suis sincèrement outré qu'en 2018 on doive encore vivre ça", avait-il indiqué.

Quant à Robert Grosch, échevin et chef de file du cdH-RCA, troisième partenaire de majorité, il s'est dit "profondément attristé" et a "condamné les propos homophobes tenus à l'égard d'un candidat ansois."

Di Rupo: "Si les propos de M. Huygen sont avérés, il ne peut se présenter sur une liste PS"

"Si les propos de M. Huygen sont avérés, il ne peut se présenter sur une liste PS aux élections communales", avertit samedi soir le président du PS Elio Di Rupo dans un communiqué. 

"Les propos et attitudes relatés, s'ils se confirment, sont en opposition totale avec les valeurs socialistes d'égalité, de fraternité, de liberté et de justice. Le PS est le parti qui porte tous les combats en faveur des libertés et droits individuels. Il est inacceptable qu'un élu socialiste, qui plus est échevin de l'égalité des chances, bafoue nos valeurs fondamentales. Cette personne ne peut représenter le PS à un quelconque niveau", affirme Elio Di Rupo.

Le Président du PS invite également la Fédération de Liège et ses instances "à examiner l'affaire avec la célérité requise, afin de déterminer si l'intéressé peut ou non rester membre du PS."