Liège Benjamin Herman s’est-il radicalisé au cours de ses nombreux séjours en prison ?

La tuerie perpétrée mardi matin par Benjamin Herman en plein cœur de Liège soulève de nombreuses questions. Comment ce jeune homme issu d’une famille a priori peu encline à frayer avec la mouvance islamiste s’est-il embarqué dans une virée meurtrière au cri de "Allahu Akbar " ?

Le jeune Rochefortois se serait radicalisé au cours de ses nombreux séjours en prison, au contact d’autres détenus déjà acquis à la cause terroriste. Des perquisitions menées mardi dans sa cellule à la prison de Marche auraient mis au jour un Coran et un tapis de prière. Une information que la direction de l’établissement ne confirme qu’à demi-mot. "Des Corans et des tapis de prière, vous en avez 150 par prison", observe Frédéric de Thier, qualifiant cet élément de "non-information".

L’infrastructure pénitentiaire marchoise se caractérise par un régime carcéral semi-ouvert. Cela ne signifie pas pour autant que l’auteur de la tuerie du boulevard d’Avroy s’y est radicalisé, ses antécédents l’ayant amené à écumer la plupart des prisons du pays. "Notre établissement compte effectivement des détenus radicalisés, mais certains d’entre eux sont en isolement", poursuit le directeur, qui n’a pas souhaité communiquer davantage sur la question.

Dans l’entourage de Benjamin Herman, l’incompréhension reste totale. S’il était connu pour des faits de délinquance sans grande envergure liés au milieu de la toxicomanie, personne ne s’attendait à ce qu’il commette un tel geste. "Ses parents et grands-parents sont des gens honnêtes, honorablement connus dans la région", rapporte une connaissance de la famille. "Ils ont fait tout ce qu’ils ont pu, tant qu’ils l’ont pu, pour leur fils. Mais toute tentative d’explication serait mal comprise. Pour l’heure, la priorité doit aller aux victimes."