Liège Grâce à la création d’une nouvelle zone d’habitat au plan de secteur, des milliers de Wallons vont avoir accès à l’eau courante et à l’électricité

Nous les connaissons tous, ces campings ardennais, nichés dans les bucoliques méandres d’une rivière, à l’orée d’un bois ou au creux d’une verdoyante vallée… ici, des milliers de juillettistes et d’aoûtiens venaient passer l’été durant l’âge d’or du tourisme wallon. Aujourd’hui pourtant, c’est sous une autre perspective que nous observons ces témoins du passé… car ces campings sont devenus permanents et les secondes résidences sont devenues premières; le rafraîchissant séjour estival est devenu une galère quotidienne; les campings se sont remplis de caravanes qui ne bougent plus, de chalets aussi, faits de bric et de broc, où certains citoyens ont préféré se réfugier, par envie parfois mais aussi souvent par manque de moyens et de perspectives d’avenir en ville.

Ce nom, habitat permanent, c’est précisément celui donné à ce vaste plan, lancé en 2002 par la Région wallonne et dont l’objectif était de venir en aide aux milliers de familles résidant aujourd’hui dans un camping permanent. Des familles et des isolés (plus de 10.000 personnes) qui n’ont parfois pas d’accès à l’eau courante et à l’électricité; des milliers de personnes qui subissent régulièrement les crues des cours d’eau. Avec des conséquences parfois funestes.

Une issue favorable semble pourtant se profiler à l’horizon. Et paradoxalement, c’est une "mise au vert", mais formelle cette fois, qui pourrait profiter directement à 7.416 personnes classées dans ce plan HP. Grâce à une pirouette administrative permettant de modifier ces zones dites de Loisirs en zone d’Habitat Vert, les habitants pourraient simplement retrouver des conditions décentes de vie, l’accès à l’eau et à l’électricité notamment, ce qui n’était plus une évidence pour tous. Idem pour le respect des normes en matière d’épuration des eaux usées. Cette modification a priori anodine permettrait en effet de rendre publiques ces différents domaines privés où les pouvoirs locaux n’ont pas de marge de manœuvre à l’heure actuelle. La seule condition, c’est que les communes se manifestent… elles ont jusqu’au 1er juin pour le faire.

À Aywaille, où le député libéral Philippe Dodrimont (bourgmestre en titre), œuvre sur cette thématique depuis plus de 15 ans, on connaît ce problème mieux qu’ailleurs. C’est d’ailleurs le député bourgmestre qui remettait le 3 mai 2017 ce conséquent rapport au Gouvernement wallon, avec cette proposition visant donc à modifier ces zones de loisirs en zone d’Habitat Vert; ce fut voté le 16 novembre 2017. "Et le Gouvernement n’a pas manqué de donné une suite concrète à ce décret", se réjouit aujourd’hui Philippe Dodrimont, "puisqu’en date du 20 mars 2018, les communes concernées par l’Habitat Permanent [NDLR : elles sont 28 en Wallonie] sont invitées à déterminer pour quelles zones de leur territoire elles estimaient pouvoir bénéficier d’un changement au plan de secteur". Après 16 ans d’existence, "le Plan HP entre enfin dans une phase concrète".

Dossier complet dans la DH de ce lundi.