Liège L’élue socialiste, conseillère depuis 2006, ne veut pas cumuler Province et commune

C’était en 2012, le PS d’Aywaille avait souffert, aux élections, de cette lutte bipolaire entre les libéraux de Philippe Dodrimont et les Humanistes de Vanessa Matz. Six ans plus tard toutefois, bien des événements ont rebattu les cartes de la politique liégeoise et, au PS d’Aywaille - ou plutôt chez Progrès puisque les socialistes se présentent sous cette liste d’ouverture - on annonce un changement de taille : Isabelle Humblet, second score du PS, ne sera pas sur la liste. Elle choisit la Province !

Lors du dernier scrutin communal pourtant, Isabelle Humblet, qui ne figurait qu’en 7e position, avait obtenu près de 400 voix de préférence, à une centaine de voix de René Henry, tête de liste; elle devenait ainsi la seule et unique candidate PS élue aux côtés du chef de file.

Le choix de la Province se comprend… mais est-il le bon ? Depuis 2012, les affaires sont passées par là, émaillant largement le Parti socialiste. À Aywaille bien sûr, on est loin du scandale et aucun élu n’a été éclaboussé. Mais pour se défaire d’une image préjudiciable, chacun s’efforce aujourd’hui de prouver son exemplarité. Isabelle ne cumulera donc pas sa candidature à la Province et à la Commune comme en 2012.

Sur le district de Fléron, deux communes font partie du canton d’Aywaille, Sprimont et Aywaille. Parmi les 7 candidats socialistes du district, il en faut 2 pour ce canton. Isabelle Humblet sera donc la candidate d’Aywaille tandis que Pierre David, alias Bouldou, sera le candidat de Sprimont.

"Pour moi, c’est évidemment un choix difficile car je dois faire mon deuil de l’engagement communal", explique l’élue de 41 ans. À Aywaille ce médecin de famille, mère d’un petit garçon, bénéficie d’une certaine renommée et siège au conseil depuis 12 ans.

Bien sûr, le choix provincial n’est pas dénué de sens. "Avec ses compétences en matière de santé, elle pourra apporter quelque chose aux débats", commente Frédéric Sevrin, chef de file de Progrès. Et d’apporter aussi quelque chose au parti bien sûr puisqu’en 2012, Isabelle Humblet, alors 7e sur la liste, avait obtenu le 3e score, soit 3.641 voix de préférence; à 100 voix d’être élue.

Pour René Henry, il s’agit aussi et surtout "de répondre à une demande des citoyens". Une réponse juste doit-on comprendre même si elle implique, pour Progrès, de se passer d’un candidat de choix.

Progrès : seulement 1/3 d'affiliés au PS !

Chez Progrès, on tient à saluer ce choix, “un geste fort”, indique René Henry. Un geste qui doit aussi donner le ton bien sûr et montrer que le parti se présente comme étant “irréprochable” sur ces questions de cumul. “Nous avons en effet estimé qu’il fallait montrer l’exemple”, indique Frédéric Sevrin, “nous parlons d’appliquer les principes de bonne gouvernance et cela commence par ce décumul, y compris sur les listes”. Opération séduction diront les plus critiques… un choix difficile néanmoins qui a le mérite de clarifier les choses et de faire de la place pour du sang neuf aux communales. Dans le cadre de l’élection communale d’ailleurs, Progrès dit poursuivre son opération d’ouverture et, à la suite des nombreuses rencontres réalisées ces derniers mois, le parti est en mesure d’assurer que la liste ne comportera qu’un tiers d’affiliés au PS et deux tiers de candidats d’ouverture.