Liège

Qui est cet homme de 31 ans qui a tué deux policières et un civil sur le boulevard d'Avroy à Liège ? Benjamin Herman était connu comme étant radicalisé. Il était d'ailleurs fiché à la Sûreté de l'Etat.

L'individu répond au nom de Benjamin Herman. Il a donné des coups de couteau dans le dos des policières. Benjamin Herman, né en 1987, est en effet connu pour des braquages et des infractions en matière de stupéfiants. Écroué à la prison de Marche, il a reçu une permission de sortie ce lundi.

Une décision qui peut étonner dans la mesure où l'homme est connu comme étant radicalisé. Il était d'ailleurs fiché à la Sûreté de l'Etat. Lors d'un séjour en prison, Benjamin Herman "est soupçonné d'avoir été radicalisé par une personne (...) enfumé par la pensée islamiste", ce qui lui valait d'être signalé comme tel dans une banque de données criminelles, a précisé une source à l'AFP.

Une chose est sûre l'homme était soupçonné dans le cadre d'un meurtre commis, lundi soir, à Marche où un toxicomane a été tué à l'aide d'un objet contondant.

Agé de 31 ans et originaire de Rochefort, l'homme a pu obtenir une permission de sortie ce lundi de la prison de Marche. Le détenu a pu quitter la prison pour quelques heures, dans le cadre de la préparation à sa réinsertion.Il n'avait donc pas été libéré et n'était pas non plus en congé pénitentiaire.

Il aurait été emprisonné pour des faits de droit commun.

Un profil psychologique instable

Marginal et violent selon d'autres prisonniers, il aurait multiplié les séjours en prison pour des faits de vols, de dégradations aux biens publics et de petits trafics de drogue. Il n'était donc pas connu des services de police pour radicalisme.

L'individu pourrait s'être radicalisé en prison, un phénomène important en Belgique.

"Son profil psychologique était considéré comme instable", indique la RTBF. L'homme n'avait d'ailleurs plus de contact avec sa famille. De plus, il aurait vécu une jeunesse difficile.

Pour rappel, ce mardi 29 juin 2018, à 10h30, cet individu porteur d'une arme blanche a pris en filature deux policières dans le centre-ville de Liège. Il a attaqué dans le dos deux policières et leur a asséné plusieurs coups de couteaux. Elles sont décédées. L'assaillant a pris une arme à feu aux polcières et a ensuite continué à pied et s'est attaqué à une personne se trouvant dans sa voiture, un jeune homme de 22 ans, a précisé le procureur du Roi. Il a aussi perdu la vie...

L'homme a finalement été abattu.

Déjà apparu de manière indirecte dans trois dossiers

Le nom de l'auteur de l'attaque de mardi matin, Benjamin Herman, était apparu précédemment dans deux rapports de la Sûreté de l'Etat et un de la police, mais de manière indirecte, a indiqué le Premier ministre Charles Michel mardi soir, à l'issue d'une réunion du Conseil National de Sécurité. Les dossiers dans lesquels le nom Benjamin Herman est apparu "visaient d'autres personnes et d'autres situations", a précisé M. Michel. "Sur base des éléments récoltés, les services ont considéré qu'il ne fallait pas donner de qualification à l'auteur", qui ne figurait par ailleurs pas dans la base de données des suspects de radicalisation de l'Ocam.

L'attaque n'a pour l'instant pas été revendiquée par l'Etat islamique, a ajouté le Premier ministre.

M. Michel a aussi demandé le respect du deuil des proches des victimes. "Nous regrettons la diffusion d'images des faits. Que chacun fasse preuve de responsabilité et de respect pour les familles", a réclamé le Premier ministre.

"Cette situation tragique ne constitue pas un fait isolé", a encore rappelé M. Michel. "Rien qu'en 2017, 20 attaques terroristes avec 30 auteurs ont été commises sur le sol européen. C'est un défi permanent, il faut garder son sang-froid."

En marge de la conférence de presse, le ministre de la Justice Koen Geens a martelé que l'individu n'avait jamais été libéré sous condition malgré la longueur de sa détention et que les autorisations de sortie et congés pénitentiaires accordés s'inscrivaient dans une trajectoire classique en vue de sa réinsertion, qui devait intervenir en 2020.

Il n'a pas confirmé les rumeurs selon lesquelles Benjamin Herman serait lié à d'autres faits que ceux de mardi matin.

Quant à l'éventuelle qualification terroriste de ceux-ci, il appartiendra mercredi au parquet fédéral d'exposer les motifs qui l'ont mené à fédéraliser le dossier, a conclu M. Geens.