Liège Benoît Drèze fustige l’attitude des socialistes liégeois dans le débat Resa

Comme on le lira en pages nationales, le parlement de Wallonie réuni en séance plénière a approuvé, mercredi soir, le projet de décret réformant la gouvernance des gestionnaires de réseau de distribution (GRD) d’électricité et de gaz, porté par le ministre wallon de l’Énergie, Jean-Luc Crucke.

Sans réelle surprise, MR, CDH, Ecolo ont voté pour. Mais, si le PTB et la majorité du groupe PS s’est abstenue, les 5 députés socialistes liégeois (Déborah Géradon, Christie Morreale, Alain Onkelinx, Maurice Mottard et Mauro Lenzini) ont voté contre le texte.

C’est qu’une des conséquences du nouveau décret sera la sortie de RESA - le GRD liégeois - de la filiale de Publifin, Nethys, ouvrant la porte à différents scénarios, dont celui d’un rapprochement avec ORES, le plus grand gestionnaire wallon.

Parmi les hommes politiques favorables au nouveau décret GRD, on trouve le Liégeois Benoît Drèze (CDH). L’homme a d’ailleurs voté pour tout comme les membres de son parti.

Ce faisant, le Liégeois a sans doute attiré sur lui les foudres du PS local. Il assume et même s’en défend. "Les conséquences du décret et la possible fusion Resa-Ores seront au cœur du débat électoral liégeois. On le sait, le PS de Liège y est farouchement opposé. Mais c’est insupportable. On entend des membres du PS dire que cette fusion coûterait 8 millions à Resa et que, si on ne donne pas de l’argent public à Resa, cette somme devrait être récupérée au détriment des consommateurs liégeois. Mais c’est faux et en plus c’est immoral !"

Et Le député humaniste de s’expliquer. "D’abord si on change les règles avec le nouveau décret, c’est parce qu’à Liège, il y avait des irrégularités voire des illégalités. Maintenant, on est en train de dire qu’il faut indemniser parce qu’on ne peut plus rien faire d’illégal…"

Et de pointer les conflits d’intérêts qui ont été remarqués dans la gestion Nethys-Resa et les transferts d’argent qui partait du public vers l’infrastructure privée. "En plus, contrairement à ce que dit le PS liégeois, le nouveau décret n’empêche pas l’activité industrielle. Si Resa fait des bénéfices, rien n’interdit aux actionnaires, les communes, de décider d’investir leurs dividendes dans des initiatives industrielles. La seule différence, c’est que cela se ferait en toute transparence. Le nouveau décret va ramener beaucoup de clarté et faire en sorte que chacun respecte les règles du jeu. Vous savez, la commission Publifin ne se limite pas aux comités de secteurs. C’était juste un point de départ qui a permis aux commissaires de mettre en lumière un tas de problèmes."

"J’ai été meurtri en décembre 2016 de découvrir l’ampleur des dérives mises en place au sein de l’intercommunale Publifin et du groupe Nethys. Et je ne parle pas seulement du scandale des comités de secteur. Avec ce décret, le parlement wallon siffle la fin de la récréation. Le décret prévoit des procédures et des sanctions claires. Fini le temps où Stéphane Moreau et ses amis activaient leurs relais pour orienter les législations et, à défaut, organisaient des montages pour les contourner."