Liège

La coopérative Vega s’inspire d’un concept anversois pour cultiver et consommer du cannabis

LIÈGE “La position néerlandaise va nous amener à réfléchir nous-même à un problème de société. Au lieu de fermer les yeux car cela se passe à côté de chez nous” . Voilà au moins un point sur lequel le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, s’entend avec la coopérative politique Vega (Vert et à Gauche, qui présentera une liste aux élections communales).

Alors que depuis le 1er mai, il est interdit aux Pays-Bas pour un résident étranger d’acheter du cannabis ou ses dérivés, les regards se tournent vers les villes proches où l’on craint l’émergence d’un marché parallèle (plus encore qu’aujourd’hui).

Vega n’est pas tendre dans ce débat : “L’approche prohibitionniste défendue par le gouvernement belge mène au développement de mafias […], à la criminalisation de personnes qui veulent juste fumer un joint comme d’autres sirotent un cognac.”

La solution, Vega la trouve dès lors à quelques enjambées de Liège à peine. Depuis 2006, peu de temps après l’entrée en vigueur d’une directive dépénalisant la possession d’un plant de cannabis (par un adulte), le projet Trekt uw plant (pour tirez votre plant) a germé à Anvers.

Pour Vega, cette alternative, “qui consiste en la mise en place de plantations collectives de cannabis destinées à la consommation personnelle des planteurs et sous le contrôle des autorités” , permettrait de réduire les risques liés aux filières illégales, dès lors asséchées. Cela se traduirait à Liège par des Cannabis social clubs. Bien sûr, cela part du principe que la consommation de cannabis, sans excès et de façon privée , puisse être considérée comme politiquement correcte.

Willy Demeyer… n’est pas d’accord ! Légaliste pur jus, c’est derrière son rôle de bourgmestre de Liège qu’il estime être “tenu de respecter la loi. La marge de manœuvre, s’il y en a une, se situe au niveau fédéral” .

Il n’en reste pas moins que le débat est planté et que les candidats liégeois ne pourront éluder la problématique… Après la gestion locale de la prostitution, voici un autre dossier qui devrait alimenter les débats !



© La Dernière Heure 2012