Liège

La tête de liste Vert Ardent, nous parle de social, de santé, de mobilité...

Nous sommes le 15 octobre 2018 et, surprise, au petit matin, Liège n’est plus la même… Le changement annoncé à l’issue des élections a bel et bien eu lieu en terres liégeoises et Vert Ardent, cette association momentanée de jeunes pousses vertes, a séduit les Liégeois qui réclamaient "une autre manière de faire de la politique". Ce scénario improbable… d’aucuns commencent à y croire à Liège et, ce vendredi, le mouvement annonçait d’ailleurs avoir reçu le soutien officiel de 110 personnalités liégeoises, artistes, membres en vue d’associations, intellectuels… un soutien enthousiaste qui ravit Caroline Saal.

Du haut de ses 31 ans, ce docteur en histoire, Liégeoise d’adoption (depuis 25 ans) et écologiste convaincue, mènera en effet le mouvement. Derrière son visage souriant, point de discours romantique; Caroline Saal a la tête sur les épaules et l’affirme haut et fort : "Nous sommes ici pour gagner ces élections."

Vert Ardent a bientôt un an. Le pari était risqué mais la sauce semble avoir pris…

"C’était audacieux, oui, mais je pense que c’était surtout nécessaire car les affaires socialistes ont montré les carences de la politique. Et Vert Ardent a réussi à rassembler au-delà de l’adhésion à un parti. À chacune de nos assemblées, nous avons 50 à 80 personnes, il y a une vraie volonté de faire quelque chose à Liège, c’est une réussite."

Ecolo n’en était pas capable ?

"Pour Ecolo, c’était important de renforcer la démocratie, on voulait donc rassembler, sans forcer les citoyens à adhérer au parti…"

Tout le monde parle de liste d’ouverture, quel est le "plus" de Vert Ardent ?

"Si ça s’appelle Vert Ardent, c’est parce qu’on construit un nouveau projet. Notre fonctionnement est innovant et, souvent, les personnes sont déstabilisées à nos assemblées car elles ne s’attendent pas à ce qu’on leur demande leur avis."

Le programme, que contient-il ?

"Il doit encore être soumis à amendement. Mais nous avons déjà établi une trentaine de priorités. Ce qui est transversal, c’est que Liège est un pilier dans la vie de ses habitants; la Ville doit être là pour leur qualité de vie. La majorité actuelle a un bilan basé sur des projets bling-bling. Nous, c’est la qualité de vie des Liégeois qu’on recherche, dans le centre mais aussi dans les quartiers."

Comment une ville peut-elle lutter contre "sa" pauvreté ?

"Une des craintes majeures des citoyens est la perte de logement. La Ville a plusieurs leviers à cet égard. Elle peut devenir propriétaire du foncier, pratiquer des loyers exemplaires, avoir une réelle influence… Pour la pauvreté de rue, nous souhaitons que le secours hivernal soit renforcé. Il faut aussi travailler sur l’isolation des bâtiments, éviter l’endettement, l’insalubrité des logements…"

La précarité de rue est un thème que vous connaissez. Une ville peut-elle soigner ses malades ?

"Les personnes qu’on définit comme toxicomanes ont différents problèmes : santé mentale, physique, d’addiction. Avec eux, il faut des réponses globales. Chez Vert Ardent, nous soutenons notamment l’engagement d’infirmiers de rue qui prodiguent les premiers soins. En matière de sans-abrisme, il faut tout faire pour éviter le piège de la rue car en rue, la santé mentale et la santé physique se dégradent vite. L’octroi d’aides du CPAS est trop lent et quand on bascule dans la rue, il est trop tard".

La mobilité aura aussi une place majeure. Tous à vélo ?

"Vert Ardent, ce n’est pas que des vélos. L’important est de créer des espaces sécurisés pour chaque mode de déplacement. Bien sûr, il faut une place pour les cyclistes, il y en a de plus en plus et ce ne sont pas que des bobos de gauche."

Mais il faut des budgets importants pour cela…

"Pas tant. C’est une question de choix. Le drame, c’est de constater que 67 % des engagements pris par Liège dans le cadre de Liège-Wallonie cyclable n’ont pas été rencontrés. C’est un échec."

"Le 14 octobre sera une date historique pour Liège"

Caroline Saal est convaincue qu’il y aura un changement radical au lendemain des élections

Qu’est-ce que Vert Ardent ne peut pas cautionner aujourd’hui à Liège ?

"Le manque de volontarisme sur certains dossiers. On a l’impression que la majorité n’est jamais responsable de rien, cela participe aussi au manque de confiance des citoyens envers la politique. À Liège, il y avait 20 % d’abstention aux dernières élections, c’est énorme quand on sait que le vote est obligatoire. Chez Vert Ardent, nous ouvrons les portes et les fenêtres pour écouter tout le monde."

Cette manière de fonctionner n’est-elle pas un frein s’il faut, demain, gérer la ville ?

"Au contraire, ça aide à décider et l’important est d’avoir un cadre clair. Et puis il me semble qu’il n’existe pas de parti où tout le monde est entièrement d’accord sur tout."

Quelles sont vos ambitions pour ces élections ? L’idéal ?

"Je deviens bourgmestre… honnêtement, je pense que nous pouvons atteindre 20 % au moins. On sent une volonté de changement à Liège et Vert Ardent souhaite monter dans une majorité avec un partenaire qui accepte ce changement. Le 14 octobre sera une date historique pour Liège. Les cartes vont être rebattues, les jeux sont ouverts… et la majorité va changer."

L’alliance impossible, c’est…

"Avec la NV-A mais il n’y aura pas de liste NV-A à Liège. Plus sérieusement, j’espère simplement qu’il n’y aura pas d’élu d’extrême droite au lendemain des élections."