Liège

C’est la piste avancée par le PTB pour nationaliser l’outil sidérurgique liégeois

LIÈGE Le débat de la nationalisation de la sidérurgie liégeoise est sur la table et, en soi, c’est déjà une victoire estime le PTB, par les voix de Raoul Hedebouw, porte-parole et de Damien Robert, conseiller sérésien en charge du dossier. Mais d’aucuns aujourd’hui estiment que cette piste est, si ce n’est une folie, un doux rêve, tant les conséquences financières pour la Région seraient douloureuses.

On parle d’expropriation et de rachat d’un outil, à monnayer. On parle également d’une remise à niveau de ce même outil voire d’une dépollution de la sidérurgie à chaud; le chiffre d’un milliard d’euros est avancé… un ensemble de postes qui, dans l’imaginaire collectif, doivent être payés par le “méchant Mittal (qui finance aussi actuellement le centre de recherche).

Au diable toutes ces considérations, le PTB, réuni vendredi dernier lors d’une conférence, évoque une piste qui doit permettre de réaliser cette nationalisation.

Deux questions sont posées : “Comment prendre possession des outils vu que le groupe ne veut pas les négocier ?” ; “Comment relancer la production et maintenir les emplois ?” .

Pour Damien Robert, contrairement aux dires de certains, “la Région wallonne a pleine capacité d’exproprier les outils pour utilité publique” . Coût de l’opération, pour les indemnisations dès lors : un eurosymbolique. C’est abordable.

Quid cependant du coût de relance ? Le PTB rappelle que “La Région avait déjà provisionné 150 millions d’investissements pour les lignes à froid jusqu’il y a quelques mois. Reste donc 150 millions à trouver. Ce n’est pas énorme par rapport aux 2,8 milliards alloués par cette même Région au Plan Marshall” . Et d’évoquer la piste de revente des actions détenues par la Région (0,7 % des actions du groupe) qui valent 142 millions à l’heure actuelle.

Pour le porte-parole du PTB enfin, il est préférable que la mise sous statut public ne soit pas temporaire. Il estime en effet que “ce serait un mauvais exemple que de faire porter au public des investissements industriels le temps de rendre l’entreprise bénéficiaire pour finalement la vendre au privé” .

Si l’hypothèse a bien sûr le mérite d’être avancée, elle ne fait pas, on s’en doute, l’unanimité au sein du monde politique (lire ci-contre).



© La Dernière Heure 2013