Liège Henri Verjans et Waremme n'ont "rien contre le futsal". Mais ils ont cependant décidé de ne plus permettre à leurs joueurs de doubler.

On ne va pas parler de buzz, mais la décision d’interdire le futsal à Waremme suscite discussions et dialogues. "Que l’on soit bien clair : on n’a rien contre le football en salle. On aime même bien ce sport", note Henri Verjans, le directeur sportif hesbignon. "Simplement, participer à un match de compétition le vendredi soir, sur une surface dure de surcroît, suscite une accumulation d’efforts et de la fatigue supplémentaire."

Ancien coach de Seraing, Henri Verjans image son discours. "Prenez un joueur qui doit disputer un match le vendredi soir sur Bruxelles, à 21 h. Vous imaginez à quelle heure il est de retour la veille du match avec Waremme !"

Si le cercle du stade Leburton a pris une telle décision, c’est aussi en raison d’événements survenus cette saison. "Comment voulez-vous que des organismes tiennent à une cadence de trois séances et un match en foot, plus un match de mini-foot ? Même des pros ne tiendraient pas à ce rythme-là. Puis, on en a fait la triste expérience cette saison. Avec, notamment, Guilmi qui, touché au ménisque, nous a fait défaut durant un trimestre !"

Quant à savoir comment le message est passé auprès des joueurs concernés (Morhet, Ribeaucourt, Musick, Yilmaz, Guilmi ou Cossalter et Cwynar), Henri Verjans semble apaisé. "Correctement. Même s’il y en a qui veulent toujours plus alors qu’ils sont trentenaires…"

Si l’on affirme qu’aucune dérogation n’est accordée, le président Ainseur et Kevin Cossalter, qui avait signé, l’an dernier, un contrat de 3 ans, devaient discuter du changement de politique. "On l’a fait, mais rien n’est encore décidé", prévient le boss waremmien. "Son contrat ne prévoit pas l’obligation d’arrêter et je n’ai pas le droit de lui interdire. Mais on espère que le bon sens l’emportera dimanche lorsque l’on se reverra et qu’il m’annoncera sa décision. À 32 ans, l’accumulation des efforts risque aussi de se faire ressentir pour lui."

Que fera Coza ? Soit il accepte de renoncer au futsal, ce qui évitera de voir, peut-être, certains équipiers ne pas comprendre ce qu’ils considéreraient comme un laisser-passer. Ce serait aussi un remerciement à la main jadis tendue par Patrick Ainseur. S’il continue, il… respectera le contrat signé il y a 12 mois.


"Responsabiliser les joueurs"

Kinet et Tilleur interdisent le futsal. Et ailleurs en D3 amateurs ?

Formation liégeoise la plus proche de la D2 amateurs, Tilleur a une politique bien tranchée en la matière : interdiction pure et dure de la pratique du futsal.

"Cette saison, on a été très clair", clame Christophe Kinet. "On n’autorise plus la salle." Et si un joueur enfreignait l’interdiction. "Cela s’est produit. Il n’y a pas eu de sanction sportive, mais il a clairement été averti qu’il ne fallait plus que cela se reproduise."

Et le T1 des Métallos de poursuivre ses explications. "D’une part, le joueur est sous contrat avec un club qui a un objectif élevé. D’autre part, durant toute la semaine, on s’attache à distiller une charge de travail la mieux dosée possible. Qui peut être contrariée par les efforts du vendredi soir."

S’il est un fait, que reconnaît Kiki, que jouer en nationales en salle permet de mettre du beurre dans les épinards, l’ancien Sang et Marine confirme ses dires précédents. "On n’est pas naïf, cela leur procure un bonus. Mais il faut les responsabiliser. Puis, le club n’a rien à gagner dans ces histoires. Il peut même être perdant en cas de blessure ou dans le cas où le joueur préfère ne pas signaler des soucis physiques provenant de la pratique de la salle."

Aywaille. "Je n’ai pas de séance le vendredi soir et l’on n’aura plus d’équipe espoir l’an prochain. Le futsal est toléré", explique Pascal Jacquemin.

Cointe. "On ne peut pas se permettre de l’interdire", note Alain Sable.

Herstal. "J’ai été un adepte du mini-foot durant 20 ans, pas question de l’interdire. Que du contraire", signale Patrick Fabbri. "Cela procure une séance supplémentaire et un enrichissement technique et tactique."

Huy. "C’était interdit lorsque Alain Dheur était le coach", se souvient Geoffrey Barrettara. "Depuis son départ, le club autorise la pratique du futsal."

Richelle. "On n’interdira jamais le futsal", assure Alain Finet.

Verlaine. "Moi, je l’interdirais", note Marc Segatto. "Mais vu les contrats des joueurs à Verlaine, on ne peut pas le faire."

Warnant. "On ne l’a jamais poussé ni interdit", résume Guy Houssa, le président hesbignon.



Miceli (Hamoir, D2 amateurs): "Le joueur aussi pénalisé"

"On n’interdit pas à nos joueurs de prester en salle. On ne s’est jamais posé la question. Notamment car l’on n’a que deux séances hebdomadaires. Et qu’un joueur, comme Amrous qui combine, pourrait aussi bien se blesser si l’on inscrivait une troisième séance au programme que s’il joue le vendredi en salle ! On n’est pas franchement pour, on ne pousse pas vers le futsal. Mais, si un joueur se blesse, le premier pénalisé, c’est lui !"


Kevin Musick (Waremme) : "Je comprends"

Capitaine des Wawas, Kevin Musick jouait à Hannut au futsal. "J’hésitais à continuer et l’interdiction de Waremme a confirmé ma décision d’arrêter. Pour moi, cela n’a donc finalement pas été un choix trop complexe." Une optique que le trentenaire accepte. "Je comprends la position du club. Mais Cwynar est parti à cause de ce choix et Cossalter doit faire un effort pour le club. S’il arrête, ça passera. Mais sinon, d’autres râleront. On est aujourd’hui à un niveau plus exigeant et je dois bien reconnaître que, même en tant que gardien, j’ai parfois du mal le lendemain de gros matchs."


"Il est difficile d’interdire en D2"

Sur les hauteurs de Huy, on n’avait pas trop insisté sur une interdiction de combiner avec le futsal. "On a laissé aller jusqu’à présent. Bilali et Bamona ont arrêté et tous les autres joueurs qui évoluaient en salle (Ribeaucourt, Ben Saida…) nous quittent", résume Kevin Caprasse. "Pour l’an prochain, on verra. Tout en tendant vers un ‘il est préférable de ne pas allier herbe et salle’ . Mais, en D2 amateurs, c’est difficile d’interdire purement et simplement la pratique du futsal."