Liège Retour sur le débat politique RCF-La Libre/La DH de jeudi soir

Réputée pour son fromage et son carnaval, la ville de Herve est le théâtre d’un combat entre deux chefs, deux ministres.

Pour rappel, le scrutin des communales de 2012 signait la fin du règne de la coalition PS-CDH sur la capitale du plateau herbager, faisant place à une majorité absolue Herve Demain emmenée par le MR Pierre-Yves Jeholet, appelé par la suite à enfiler la casquette de ministre wallon de l’Économie. Empêché, il est remplacé depuis par Marc Drouguet comme bourgmestre faisant fonction. En octobre prochain, il poussera la liste Herve Demain.

Ministre de l’Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles, la CDH Marie-Martine Schyns siège comme conseillère communale. Elle se présentera sur une liste d’ouverture - non encore dévoilée - non plus CDH mais EPH, qui regroupe des membres CDH, deux affiliés Ecolo et "des citoyens non étiquetés".

Quant à une liste PS, "elle n’est pas complète mais elle sera bien finalisée", confirme le conseiller communal PS Jean-Claude Dumont. Une liste ICH, créée par l’ancien président du CDH hervien Claudio Sangiovanni, tentera aussi de tirer son épingle du jeu.

Deux ministres sur un territoire de 17.638 habitants, un privilège ? "C’est tant mieux pour Herve, je pense que c’est une fierté pour les citoyens", affirme Pierre-Yves Jeholet qui ajoute être "le ministre de l’ensemble de la Wallonie". Engagés tous deux depuis 2000 dans leur commune, " notre cœur y est et si on est sur les listes, c’est parce qu’on aime travailler pour notre commune", complète Marie-Martine Schyns qui, tout comme son opposant, poursuivra son mandat ministériel si elle est élue.

Dès le lendemain des élections de 2012, la nouvelle majorité menée par Pierre-Yves Jeholet faisait passer de 7,7 à 8,3 % la part communale de l’impôt des personnes physiques. "Quand on est arrivé à la Ville, la situation financière était catastrophique ! Il n’y avait pas de pilote dans l’avion", se défend le bourgmestre en titre qui a souhaité d’abord diminuer les dépenses communales, (frais de fonctionnement, 20 %; consommation énergétique des bâtiments communaux, 35 %; personnel), avant de faire contribuer les citoyens pour assainir les finances. "Le 31 décembre 2012, les comptes de la Ville de Herve c’était 1.300.000 euros de déficit !" rappelle le libéral qui se félicite aujourd’hui d’un compte en boni en 2016 et 2017. "On examinera à la fin de l’année une diminution de l’impôt des personnes physiques."

Mais le conseiller communal PS n’a pas la même analyse des chiffres. "En 2012, il y avait 28 millions de dettes, ici vous allez friser les 30 millions… On refait un crédit pour payer un autre crédit. Vous avez revendu tous les bijoux de famille, des terrains…" "On a vendu quelques bâtiments et on a continué à investir", corrige le MR. Côté CDH, "on avait proposé une augmentation des taxes de 8 % plutôt que 8,3 %", souligne la conseillère communale qui fustige "la gestion à la manière d’HDM".

Les déclarations rapportées dans cet article ont été recueillies au cours de l’émission Le débat politique réalisée jeudi en partenariat avec RCF (93.8 FM), La Libre et La DH. L’émission est rediffusée le samedi à 13 h 15 et le dimanche à 18 h 15. On peut aussi écouter ou podcaster sur https ://rcf.fr/actualite/rcf-la-libre-le-debat-politique.