Liège

Le parquet réclame des peines allant jusqu’à 4 ans de prison et des peines d’interdiction de 10 ans

Le tribunal correctionnel de Liège a poursuivi l’examen concernant des soupçons de corruption dans le cadre de la construction de l’incinérateur Uvelia par la société Inova France pour l'intercommunale Intradel. Quinze personnes et sept sociétés sont poursuivies devant le tribunal. 

Ce mercredi était consacré au réquisitoire du parquet et le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’il s’agissait d’une véritable charge à l’encontre d’Alain Mathot… En effet, pendant des heures, l’auditeur du travail n’a cessé de retracer tous les éléments qui démontreraient que de la corruption a bien eu lieu dans ce dossier et qu’elle a, en partie, profité à Alain Mathot, le grand absent de ce procès.

Pour rappel, à la suite du refus de la levée de son immunité parlementaire, l’homme n’est pas poursuivi, mais il ne peut pas non plus se défendre. Philippe Leroy, l’ancien directeur d'Inova France a déclaré qu’Alain Mathot avait bénéficié de versements à hauteur de 720.000 € pour permettre à Inova d’obtenir le marché. Il avait également déclaré avoir versé de l’argent à d’autres protagonistes. Contre toute-attente, le bâtonnier Lemmens qui représente l’intercommunale Intradel a estimé qu’il n’y avait pas eu de corruption de politique contrairement à ce que sous-entendaient ses conclusions écrites. 

Une analyse que ne partage pas le parquet. « Les Mathot père et fils avaient le pouvoir d’influencer les décideurs », a déclaré l’auditeur du travail. « Plusieurs mails échangés démontrent qu’il y a eu une intervention d’Alain Mathot. Je ne comprends pas comment on peut ne pas voir qu’il y a un problème de corruption dans ce dossier. Alain Mathot a bien reçu des fonds », a poursuivi le magistrat. 

Il a ainsi démonté les alibis donnés par Alain Mathot pour les jours suspects. « Il n’est resté que deux heures sur place. Plusieurs personnes ont confirmé dans le dossier qu’ils savaient que les Mathot avaient le pouvoir d’influencer la décision. Il n’y a pas de doute sur le fait que Alain Mathot a bien bénéficié de corruption et réalisé du trafic d’influence."

Le parquet a également retracé les comptabilité d’Alain Mathot qui démontre qu’il a usé beaucoup plus d’argent en liquide que ce qu’il n’en n’avait retiré. 

Ensuite, il a requis des peines allant de 6 mois à 4 ans de prison contre Philippe Leroy, l’ancien directeur d’Inova. Il a également requis une interdiction de commercialité de 10 ans. Contre Adelio Tarquini, un « lobbyiste », il a requis 40 mois de prison et 10 ans d'interdiction de commercialité. Contre Dominique Cerutti, un autre « lobbyiste », il de demandé 3 ans de prison et une interdiction de commercialité de 8 ans. Une peine de 30 mois et une interdiction de 9 ans de commercialité ont été requises contre Léon-François Deferm, un proche d'Alain Mathot. Le parquet a demandé des peines de 3 ans et de 11 mois ont été requis à l’encontre des supérieurs de Philippe Leroy et des interdictions de 9 et 3 ans de commercialité. Roger Croughs, l'ancien directeur général d'Intradel encourt 6 mois de prison pour avoir faussé le marché des enchères publiques. L’ancien échevin d’Honnelles, Alain Basilien, risque un an de prison et une interdiction de 6 ans. Le parquet a aussi requis des peines allant de 6 mois à 30 mois de prison avec interdiction de commercialité à l’encontre de 6 autres prévenus. Le ministère public a requis des peines allant de 100.000 à 200.000 € contre les sociétés et d'importantes confiscations des sommes perçues par les prévenus. D'autres audiences sont prévues pour entendre les plaidoiries de la défense.