Liège Denis Caro a rendu hommage à son jeune adversaire lors d’une finale des -73 kg 100 % visétoise.

Le National 2017 a connu un moment étonnant lors de la finale des -73 kg, samedi, à Herstal. Celle-ci s’est, en effet, déroulée sans aucun coach, Alain Boulanger refusant de choisir entre Denis Caro et Malik Umayev, ses deux judokas.

Une finale 100 % visétoise, Alain en rêvait. Denis et Malik aussi… Et le combat fut épique, le plus jeune ne craquant que sur la fin. "Nous nous entraînons souvent ensemble, mais nous ne nous étions jamais rencontrés en compétition ! explique Denis, l’aîné (21 ans). J’ai été franchement surpris de le voir battre Jean-Yves Bottieau, mais aussi content pour le club parce que nous étions assurés de prendre deux médailles. Pour ma part, après avoir été battu en finale l’an dernier, je tenais à ce titre. Et je n’ai pas laissé passer ma chance !"

De fait, après avoir déjà lâché beaucoup d’énergie dans sa demi face à l’aîné des Bottieau, Malik (18 ans) a cédé, mais avec les honneurs. "Il s’est battu comme un lion ! Mais j’ai bien géré ma journée. Pourtant, j’étais très stressé le matin. J’avais la boule au ventre parce que je m’étais mis la pression. L’année passée, j’étais arrivé en outsider et j’étais satisfait avec la médaille d’argent. Mais, cette fois, le contexte n’était pas le même parce que, depuis ma cinquième place à l’Open de Visé, j’ai franchi un palier, malgré une blessure, début avril, à Dubrovnik, où j’ai reçu un violent coup sur la jambe. Quand je suis rentré en Belgique, j’ai passé une radio qui n’a rien détecté de particulier. Mais j’avais toujours mal. J’ai pris un mois de repos. Mais, de retour à l’entraînement, j’avais toujours aussi mal. Ce n’est que trois mois plus tard, mi-juillet, que je me suis décidé à passer une autre radio, dont le verdict m’a abasourdi : fracture du péroné !"

De retour à son meilleur niveau en septembre, Denis s’est illustré à Bratislava, mais sans parvenir à décrocher une médaille. C’est pourquoi celle de samedi a une saveur particulière. "Le tournant de ma journée se situe en demi-finale, face à Jasper Lefevere, un judoka expérimenté, à peine monté en -73 kg. J’étais mené au score, mais j’ai renversé la situation dans la dernière minute, comme face à Malik, preuve que, physiquement, j’étais prêt !"

Mentalement aussi car Denis ne recule devant rien ni personne et ce titre national n’est que la juste récompense de son investissement total, bien soutenu par ses parents, Stephan et Nadine, tous deux très actifs dans le milieu du judo, à Visé, mais aussi en Gaume.