Liège Né en Tchétchénie, Malik (16 ans) arbore fièrement le drapeau belge sur son kimono.

Son nom, Umayev, en dit long sur ses origines, la Tchétchénie, et son prénom, Abdul-Malik, sur son parcours, pas évident. À 16 ans, le sociétaire de Herstal, en instance de transfert pour Visé, est pourtant devenu champion de Belgique -66 kg en U18.

Un premier titre conquis avec la manière, une récompense, aussi, après cinq ans d’efforts intenses… "Je suis, enfin, monté sur la plus haute marche du podium, la seule qui m’intéresse vraiment !" lance-t-il. "Après ma deuxième place, il y a deux ans, et mes sérieux problèmes d’asthme, l’an dernier."

Devant des tribunes bien garnies à l’occasion de ce National, le jeune Umayev a envoyé valser tous ses rivaux, suscitant l’admiration du public et l’intérêt du staff fédéral qui le suit. "Appelez-moi Malik !" précise-t-il, simplement. "Officiellement, ma mère insiste pour qu’on dise ou écrive Abdul-Malik, mais tout le monde m’appelle Malik. C’est beaucoup plus facile."

Tout le contraire du parcours de ce jeune homme d’apparence assez cool, mais se révélant un véritable tigre sur les tatamis. "Je suis, en effet, né en Tchétchénie et arrivé en Belgique à l’âge de trois ans avec mes parents, ma grande sœur et mon petit frère. C’est ma mère qui m’a amené au judo. Elle aimait ce sport ! Moi, je n’étais pas particulièrement attiré à l’époque. Mais, maintenant, oui."

Car, en grandissant, Malik est devenu de plus en plus performant au point de figurer, aujourd’hui, parmi les Espoirs de la FFBJ. "Je le dois à mes entraîneurs, à Visé, Jérémy Bonny, Alain Boulanger et Fabrice Flamand. Pour le reste, j’essaie de m’entraîner tous les jours, mais ce n’est pas évident. Je dois me débrouiller pour les déplacements et souvent chercher un covoiturage. Et puis, il y a mes études. Je suis en quatrième secondaire et je termine parfois assez tard mon boulot scolaire. Mais, avec ce titre national, je suis vraiment boosté !"

Talentueux, Malik est un judoka offensif, ce qui s’est vu ce week-end. "Oui, mais je me précipite encore trop au goût de mes entraîneurs. Et je les comprends ! Je dois apprendre à gérer. J’ai encore du pain sur la planche pour arriver au sommet."

Car Malik voit loin et haut…