Liège Le lieu espère pouvoir proposer ce nouveau service dès l’été prochain.

La Belgique compte des dizaines de refuges pour chiens, chats, chevaux, rongeurs et oiseaux mais aucun lieu, à ce jour, ne se charge de recueillir les poissons rouges abandonnés par leur propriétaire. D’ici un an, cette triste lacune devrait être comblée à l’initiative de l’aquarium de Liège.

"On a parfois des demandes d’abandon mais pour le moment, on ne les concrétise que rarement. C’est très compliqué de mettre en place un service d’abandon dans nos bâtiments pour le moment mais on y pense sérieusement. On espère pouvoir concrétiser ce projet l’année prochaine pour la saison chaude, puisque c’est toujours en été qu’il y a le plus de demandes. Pour le moment, on recueille éventuellement des poissons un peu agressifs ou dangereux. On a par exemple recueilli la murène d’un particulier parce qu’elle devenait agressive et dangereuse envers les autres poissons de l’aquarium" , explique le docteur Michel, conservateur et directeur de l’aquarium de Liège.

En attendant de pouvoir concrétiser son projet de centre d’accueil pour poissons abandonnés, l’aquarium de Liège accepte de recueillir les poissons rouges dont les propriétaires sont partis en vacances, pour une durée déterminée. "On demande juste une somme minime pour couvrir ce que la bestiole mange. Ça revient à 1,25 euro par jour et à 25 euros pour un mois. C’est un petit service qu’on rend à la clientèle."

Si vous ne pouvez vraiment plus vous occuper de Bubulle et que vous lui cherchez un nouveau foyer, voici les recommandations du docteur Michel. "Ne jetez surtout pas votre poisson dans une rivière ! Ce serait vraiment un très mauvais service à lui rendre. Dans ce cas, euthanasiez-le directement si vous voulez abréger ses souffrances. Par contre, dans un étang c’est faisable, s’il est chez vous ou chez un copain. Mettre votre poisson dans un parc public est vraiment une très mauvaise idée parce qu’il y a un risque que les eaux soient traitées. Les poissons rouges sont une espèce qui vient d’Asie, de pays où le climat est tempéré, comme chez nous. Un poisson peut donc survivre dans une eau courante qui ne gèle pas trop et s’il y a un système d’aération. Dans ces conditions, ils peuvent survivre", explique le conservateur de l’aquarium.


Pour un poisson rouge, vivre dans un petit bocal constitue une véritable torture

L’image du poisson rouge évoluant dans un minuscule bocal circulaire est dans tous les esprits. Pourtant, pour cet animal, vivre dans un si petit récipient constitue une véritable torture et entraîne de nombreux soucis de santé.

"Un petit bocal entraîne une série d’inconforts pour le poisson. Le volume d’eau est totalement insuffisant. En l’absence de pompe, le poisson risque l’asphyxie par manque d’un renouvellement d’oxygène dans le récipient. En outre, la température n’est souvent pas régulée dans ce type de bocal et, même s’il est très résistant, le poisson rouge risque une crise cardiaque due aux changements incessants entre le chaud et le froid. Il peut également être intoxiqué par ses propres déchets, devenus nocifs faute d’eau constamment propre, puisqu’un filtre n’est généralement pas installé non plus. En résumé, faute d’équipements, par manque d’espace et d’oxygène, le poisson rouge détenu dans un bocal ou un mini-aquarium ne sera pas heureux et ne vivra pas très longtemps", indique la Société royale protectrice des animaux de Liège.

Idéalement, le poisson rouge doit vivre dans un aquarium d’au moins 50 litres "Le poisson rouge a besoin d’espace. Pour lui offrir un minimum de confort, il faut disposer d’un aquarium de minimum 50 litres afin qu’il bénéficie d’assez d’espace et qu’il ne subisse pas un véritable calvaire. Il faut lui offrir de la compagnie car il déteste la solitude et donc intégrer d’autres poissons, tout en adaptant en conséquence la taille de l’aquarium. Ce proche cousin de la carpe originaire d’Asie aura une taille bien plus importante et vivra nettement plus vieux s’il dispose d’un grand espace", précise l’association.

Un poisson maintenu dans de bonnes conditions peut atteindre une longueur de 30 centimètres et vivre jusqu’à 30 ans.


Une espèce nuisible dans la nature

Difficile d’imaginer un animal plus inoffensif qu’un poisson rouge. Pourtant, le poisson est un animal particulièrement résistant et sa multiplication dans la nature pose de nombreux problèmes. Comme l’explique le docteur Michel, conservateur et directeur de l’aquarium de Liège, jeter son poisson rouge est une mauvaise idée non seulement pour sa propre survie mais aussi pour la survie de la biodiversité tout entière. "Si vous relâchez des poissons rouges dans la nature, ça va déranger les batraciens mais aussi les autres poissons", explique-t-il. "Comme la carpe, le poisson rouge remue la boue quand il cherche sa nourriture, ce qui a pour conséquence d’augmenter l’opacité de l’eau et d’affecter la croissance des plantes aquatiques", précise par ailleurs le site Internet fishipedia. En outre, il se nourrit de plancton, d’œufs de poisson, d’insectes, de petits invertébrés aquatiques, de végétaux et de détritus. En plus de son aptitude à survivre dans des conditions parfois extrêmes à l’âge adulte, il peut constituer un frein au processus de reproduction des autres espèces, indique le site spécialisé.