Liège Les travaux ont officiellement été lancés ce mercredi… le chantier durera 2,5 ans

Quinze longues années… voire plus. Ce n’est pas une saga mais un véritable roman-fleuve que l’histoire de ce pont de Tilff.

Au début des années 2000 en effet, chacun s’accordait déjà sur la nécessité de remplacer ce pont. Mais parce que certains voulaient un pont "à l’identique" - pour éviter que le village soit coupé en deux - et que d’autres préféraient un pont permettant d’éviter (et donc supprimer) le passage à niveau, notamment car de nombreuses ambulances passent ici chaque jour pour rejoindre le CHU, ce pont provisoire (vieux de quinze ans), tient toujours.

Depuis quelques mois pourtant, des engins de chantier s’activent autour du pont, devenu célèbre malgré lui; car un chantier a enfin débuté et, ce mercredi, ces travaux préparatoires du nouveau pont ont laissé place à l’inauguration officielle du chantier.

L’option, c’est en effet celle d’un "ouvrage exceptionnel", dit-on. Un ouvrage qui contournerait toutes les contrariétés de ce dossier et qui se présente comme une structure inédite. Mêlant passerelle cyclo pédestre et liaison pour les véhicules, il permet surtout de passer au-dessus du rail - et donc de supprimer le passage à niveau - tout en conservant un pont au cœur de Tilff.

"La spécificité du dossier, c’est bien la conjonction de nombreux éléments : le Ravel, le rail, le passage, le pont, l’eau", explique Nathalie Migeotte, fonctionnaire dirigeante chez Infrabel, "et donc ce nouveau pont qui doit passer au-dessus du rail mais aussi des caténaires". La pente s’annonce raide mais grâce à une position peu conventionnelle et une courbe judicieusement étudiée, le compte est bon. Et la prouesse technique est saluée par tous.

Double exploit qui plus est, cette position de l’ouvrage doit permettre au pont provisoire de rester en place et ce, durant la quasi-totalité du chantier. Ainsi, alors qu’on annonce des travaux de 2,5 ans (inauguration au second semestre 2020), pour un coût global de 14,6 millions, le trafic ne devrait être dévié (vers le pont d’Embourg) que durant deux mois. La condition est inscrite dans le cahier des charges.

"On a cru qu'on n'y arriverait pas"

Laura Iker, bourgmestre, et les membres du collège d’Esneux sont… heureux !

"Pont de Tilff : tant d’années, tant de polémiques, de dissensions et enfin, un projet qui fait consensus. C’est parti pour deux ans et demi de travaux et un pont passerelle qui sera assurément primé pour son architecture"

L’optimisme de Christie Morreale, députée socialiste et échevine empêchée d’Esneux, était assurément partagé ce mercredi matin, par l’ensemble des membres du collège communal. Un épilogue heureux en quelque sorte pour un dossier qui a pourtant connu des rebondissements, politiques notamment.

Ce 6 juin 2018 est donc un grand jour pour Tilff et pour toute la commune d’Esneux. Laura Iker (MR) nous livrait ses impressions sur le chantier…

"C’est effectivement un très grand moment qu’on attend depuis 15 ans ici, explique-t-elle, et jusqu’au bout, on croyait qu’on n’y arriverait pas avec cette suspension du budget fédéral au dernier moment… J’ai rapidement interpellé le ministre que j’ai la chance de connaître. Je lui ai expliqué la situation et il sait que je n’exagère pas."

Pour peser dans la balance, afin de donner une dernière impulsion à la mise en route de ce chantier, Laura Iker n’a pas manqué de rappeler "cet argent jeté par les fenêtres avec la location chaque mois du pont provisoire, sans parler des frais d’entretien". On parle de plusieurs milliers d’euros.

Ce projet, qui obtiendra finalement bien le financement d’Infrabel (50 % du coût global), semble donc être le bon, même si la bourgmestre reste prudente. "L’ouvrage semble exceptionnel, c’est toujours risqué d’innover mais il faut faire confiance aux experts… ce qui est sûr, c’est que c’est positif pour la commune, le tourisme. On peut se déplacer rien que pour le voir."

À Tilff, le nouveau pont devrait aussi redonner du souffle au centre du village. Légèrement déplacé par rapport au pont actuel, vers le parking en rive droite, il va en effet permettre d’agrandir la place actuelle. Un travail qui doit se faire "en concertation avec la population", indique Laura Iker. Un travail qui incombera au futur collège communal.