Liège Christine Defraigne veut faire revenir le MR au pouvoir et nie vouloir ménager le PS principautaire en vue d’une alliance

Christine Defraigne s’est donné une mission : faire revenir le MR au pouvoir à Liège après les élections communales d’octobre. Cela fait 36 ans que sa formation n’a plus participé au collège de la Cité ardente. Une éternité. De Charles Rogier et Walthère Frère-Orban à Jean Gol et Didier Reynders, l’histoire de Liège est pourtant marquée par de grandes figures du libéralisme belge. Les prochains mois seront donc importants pour la tête de liste du MR. "Si nous ne revenons pas aux responsabilités à Liège après octobre, je ferai alors des choix personnels pour 2019", confie Christine Defraigne. La présidente du Sénat revient sur ces enjeux électoraux et sur le dossier Publifin et Nethys, qui a fait trembler le PS liégeois sur ses bases.

Le MR n’a jamais été aussi proche d’un retour aux affaires dans la Cité ardente, dit-on. Vous confirmez ?

Dans la première grande ville de Wallonie - désolée pour mes amis "carolos" - l’électeur devra se prononcer comme ailleurs. Le MR a une équipe solide et stable, qui reflète la sociologie de Liège.

Cela fait deux générations politiques que les libéraux ne gèrent plus la Ville. Dans les anciens échevins libéraux, il n’y a plus beaucoup de survivants. Je le dis avec d’autant plus de tristesse que mon père (Jean Defraigne, ancien ministre et président de la Chambre, décédé en 2016, NdlR) avait été échevin libéral au début des années 1970.

Je suis candidate-bourgmestre. Si l’électeur nous en donne la possibilité, je n’hésiterai pas une demi-seconde. Le PS n’a pas de monopole sur l’hôtel de ville. Je vais me battre.

Dans le dossier des visites domiciliaires, vous avez critiqué le projet porté par le gouvernement fédéral. S’agissait-il d’amadouer le PS liégeois pour négocier une majorité communale en octobre ?

Oh non… Je n’ai pas à plaire ou pas à Willy Demeyer (bourgmestre de Liège, PS). Ce sera peut-être à lui de me plaire en octobre prochain. D’ailleurs, dans la nature, ce sont les mâles qui font les parades nuptiales. L’égalité homme-femme n’a pas changé cette donnée fondamentale. Non, ma démarche sur les visites domiciliaires était profondément sincère et était celle de l’ensemble du groupe MR au conseil communal de Liège. Le groupe libéral à Liège a, plus qu’ailleurs, une tendance libérale-sociale. C’est ce que nous sommes : du centre-droit, mais pas de la droite pure et dure. Vous savez, le Liégeois est très attaché aux libertés individuelles, c’est dans son ADN. Nous avons arraché à nos anciens princes-évêques des chartes de libertés fondamentales absolument stupéfiantes. Quand vous lisez la Paix de Fexhe (1316), c’est la préfiguration de la Déclaration universelle des droits de l’homme."