Liège Le Comptoir des Ressources Créatives, vivier durable d’artistes et d’artisans, fête ses cinq ans. Visite d’une fourmilière

Les visages déçus de quelques créateurs du cru, produits du vivier artistique liégeois, sont encore bien marqués dans l’esprit de ceux qui croyaient que 2015 allait être une année faste pour la culture à Liège… mais c’est Mons qui, au détour de quelques tractations, allait devenir LA capitale culturelle européenne de 2015.

Plusieurs années après les grands débats qui animaient cette course aux subsides, les enfants de Liège 2015 n’ont pourtant pas disparu… Loin d’avoir rangé leur truelle et leur pinceau pour se tourner vers d’autres occupations, ils ont aujourd’hui bien grandi, non sans se nourrir de ces échanges nés de Liège 2015. Et ils ont même pris racine, dans le fécond quartier de Saint-Léonard.

Rue Dony, le Comptoir des Ressources Créatives soufflait ce week-end ses cinq bougies; un anniversaire qui était dignement fêté puisque c’est ce samedi qu’ont été inaugurés les ateliers Dony, où se développent aujourd’hui le savoir-faire de plusieurs dizaines de personnes. Dans la bonne humeur...

"Ce que nous tentons de faire ici, c’est travailler à récolter les besoins des milieux artistiques", explique Julie Hanique, membre fondatrice du Comptoir avec quelques autres motivés. Et des besoins, les artistes en ont inévitablement, statut oblige. C’est ainsi que le Comptoir s’est notamment attelé à fournir des espaces de création.

Les Ateliers Dony ont été investis il y a trois ans pour être finalement acquis en décembre 2015, pour la coopérative, mais aussi grâce à la coopérative. La dynamique plaît en effet et au sein de cette ancienne entreprise de reliure, ce sont vingt-deux ateliers qui occupent désormais plus de octante créateurs-coopérateurs, sur 1.400 m².

Ici, on pratique l’architecture, le théâtre, la photographie, les arts plastiques, la danse, la mode ou encore la bande dessinée… entre autres. Et on travaille les uns à côté des autres. À en croire l’enquête réalisée en interne, c’est une dynamique qui marche, puisque 100 % des occupants répondent, dans l’enquête interne, qu’ils ont fait "de nouvelles rencontres professionnelles" depuis qu’ils sont ici.

Outre cette émulation positive, il y a aussi ce facteur très pragmatique bien sûr et moteur de la coopérative : le loyer. Grâce à l’investissement de chacun, à la mutualisation des coûts et à une politique de gestion rigoureuse des énergies utilisées, les dépenses sont minimes pour les occupants. Un plus qui n’est pas négligeable quand on lance son activité…