Liège

Le parquet fédéral a requis douze ans de prison ferme et la déchéance de nationalité belge à l’encontre de Nouredine, 35 ans. L’homme comparait détenu devant le tribunal correctionnel de Liège pour répondre de sa participation en tant que dirigeant à une entreprise terroriste, mais aussi de l’aide qu’il a apportée à d’autres pour rejoindre la Syrie.

Si l’homme admet qu’il a tenté à plusieurs reprises de rejoindre les rangs de l’État islamique en Syrie, il nie avoir aidé des personnes à s’y rendre. L’homme prétend avoir été déradicalisé. Le 15 avril 2015, il s’est rendu en Turquie dans un camp de réfugiés syriens. Il a déclaré avoir eu vent du fait que le fils d’un djihadiste était gravement malade et qu’il voulait le faire soigner dans des hôpitaux belges en le faisant venir grâce à des faux papiers via le chemin emprunté par les réfugiés.

L’enquête a permis de déterminer qu’il a été en contact avec de nombreuses personnes connues comme ayant des liens avec l’État islamique. Il s’est rendu dans divers pays et a collecté de grosses sommes d’argent. Il dit qu’il s’agissait d’argent pour soigner l’enfant. Le parquet fédéral ne croit pas en sa déradicalisation, s’appuyant sur une source policière.

Le parquet a estimé qu’il a été actif dans le recrutement de femmes pour qu’elles servent de ventre aux djihadistes. Le magistrat a souligné que le suspect avait d’importantes activités logistiques puisqu’il a fait fabriquer de faux documents. Les autorités le soupçonnent d’avoir décidé de préparer activement un attentat. La défense a plaidé l’acquittement pour le recrutement et demandé une peine inférieure à quatre ans, estimant que c’est la jurisprudence pour des personnes qui ne sont pas dirigeantes. L’avocat a également contesté la déchéance de nationalité.