Liège Elle sera ouverte dès mercredi après plusieurs mois de démarches politiques

"Nier un problème, ce n’est pas le régler" : ainsi s’exprimait ce vendredi le bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS), faisant référence à celui de la toxicomanie. Soit un problème récurrent pour la ville wallonne, laquelle a été pilote en la matière si l’on en croit ce dernier, confrontée depuis de nombreuses années à une consommation en rue.

C’est ainsi que depuis les années 90, les autorités communales, de concert avec les hôpitaux et les associations, ont développé une expertise et mis sur pied plusieurs projets novateurs. Parmi ces derniers et outre l’usage de la méthadone ainsi que l’échange de seringues qui est toujours de mise, le projet dénommé Tadam (du nom de la fondation) a été mené en matière de réduction des risques.

Celui-ci, visant à un traitement assisté par héroïne médicale, a été mené entre 2011 et 2013 en tant qu’expérience-pilote, validée par le gouvernement Verhofstadt. Plusieurs enseignements en ont été tirés parmi lesquels "l’état de nécessité " de la lutte contre la toxicomanie à Liège. Ainsi, la prévalence de la dépendance à l’héroïne y concerne entre 1.600 et 2.100 individus et on estime à 1.000 les actes de consommation en rue par jour qui sont notamment le fait de 300 usagers jugés problématiques.

C’est précisément à ceux-ci que s’adresse la salle de consommation à moindre risque, la première au niveau wallon, qui sera ouverte dès mercredi prochain. Et ce, ainsi que rappelé ce vendredi, après une série de démarches en tous genres, lesquelles ont duré plusieurs mois et même années. En effet, le chemin a été long et semé d’embûches depuis le dépôt fin 2013 d’une proposition de loi en la matière. Plusieurs avis, académiques et scientifiques, et autres études dont celle confiée à Belspo plus tard, le projet, bénéficiant d’un assez large consensus social et politique liégeois, peut voir le jour. La volonté claire de la Ville est donc d’aller de l’avant et de financer, du moins dans un premier temps, le projet sur fonds propres. Un budget annuel de 830.000 € est prévu et une équipe expérimentée de 18 ETP sera nécessaire au fonctionnement de cette salle de shoot. Elle sera située dans les anciens locaux de l’expérience Tadam, voisins directs du commissariat de police Wallonie.

Bruno Boutsen