Liège Le dernier rendez-vous de Masse critique avait dérapé… nouvel épisode ce vendredi

C’est organisé à Liège tous les derniers vendredis du mois depuis dix ans et, en dix années, jamais un débordement n’avait été constaté. Le 28 avril dernier pourtant, alors qu’une septantaine de cyclistes avait pris le départ de cette Masse Critique - ce petit cortège de deux-roues dont l’objectif est de sensibiliser la population à la place du vélo en ville - tout a littéralement dérapé. Au point de s’achever sur une arrestation musclée avec l’intervention de 35 policiers et d’une quinzaine de combis.

Il faut dire que dans le cadre d’Avril en Ville, le groupe était plus conséquent que d’ordinaire. Selon la police, ces cyclistes enfreignaient le code de la route et la promenade s’était muée en manifestation. Selon les cyclistes, cette manifestation passive avait subi une pression violente des forces de l’ordre.

Un mois plus tard… la tension reste palpable. En effet, si une réunion de concertation a rassemblé des cyclistes, le bourgmestre et les forces de l’ordre, aucun accord n’a pu être formellement acté. Le souci ? Un désaccord sur la forme puisque le collectif cycliste réclame toujours des excuses de la part des policiers, notamment pour avoir diffusé, disent-ils, de mauvaises informations. La police, on l’imagine, reste muette.

Alors ? Embouteillage de deux-roues sous tension ce vendredi 25 mai, dès 17 h 30 ? Une nouvelle Masse Critique est en effet organisée et, depuis plusieurs jours déjà, les participants battent le rappel afin de montrer que les cyclistes sont plus déterminés que jamais à enfourcher leur bécane. Et d’espérer qu’encore plus de cyclistes soient présents, pour "que nos revendications soient enfin prises au sérieux".

Déjà, on sait que le bourgmestre a annoncé vouloir encadrer cette manifestation… précisément pour éviter les débordements. Un encadrement qui devrait dès lors être réalisé avec des policiers à vélo !

Sur les réseaux sociaux, près de 300 cyclistes disent déjà vouloir participer à ce rassemblement militant et près de 1.000 cyclistes seraient intéressés. Sur les réseaux bien sûr…

Une certitude toutefois, personne ne serait gagnant en cas de nouveau débordement, ni la police dont la moindre intervention serait, assurément, jugée abusive. Ni les cyclistes en jouant la provocation qui pourraient se mettre à dos une partie de l’opinion publique. Alors que l’objectif est, rappelons-le, de sensibiliser la population à la place du vélo sur l’espace public… Et que par définition, un espace public ça se partage... Qu’on le veuille ou non, pour le partager cet espace, quelques règles élémentaires restent nécessaires, pour tous.