Liège Dans les Ardennes liégeoises, il y a, dans certaines zones, 3 à 4 fois trop de cervidés.

Un massif forestier n’est pas l’autre et les estimations dont nous disposons ne peuvent pas être généralisées à l’ensemble des forêts ardennaises… mais, d’après les comptages que détient le Département de la nature et des forêts (DNF) de la Région wallonne, le nombre de cervidés dans certaines parties de nos forêts crève les plafonds…

Ainsi, par endroits, on ne distingue aujourd’hui pas moins de 165 cervidés aux 1.000 hectares alors que l’équilibre serait de… 45 ! C’est 3 à 4 fois plus.

Pour le sanglier, ce n’est pas une surprise tant ce gibier, présent aux abords de nos villes, se fait remarquer en labourant régulièrement les jardins des particuliers. Mais pour le gros gibier comme les cervidés, la proportion impressionne. Au point que les autorités tirent la sonnette d’alarme et que de nouvelles directives rencontrent les demandes des chasseurs.

Suite à la demande d’un chasseur actif sur Stoumont et sur Aywaille, la chasse a en effet été étendue. Ce chasseur désirait pouvoir chasser à l’affût/approche, les dimanches et jours fériés, les cerfs non boisés afin de se donner plus de chance d’arriver au quota minimal important en non boisé…

Car c’est bien là le souci… les quotas. Si le chasseur n’atteint pas les chiffres escomptés, c’est son portefeuille qui peut en pâtir et, ces dernières années, ils sont de plus en plus nombreux à ne pouvoir atteindre l’objectif fixé par la Région. Pas étonnant quand les cervidés pullulent à ce point dans nos bois.

La solution ? C’est donc une chasse plus flexible. À Stoumont, c’est la deuxième année que cette possibilité dominicale de chasser est réalisée mais à Aywaille, c’est la première fois. Outre l’intensification de la chasse par des plans de tirs importants, les autorités wallonnes font également en sorte que les chasseurs soient tenus responsables des dégâts occasionnés aux forêts et aux agricultures… Une manière, doit-on comprendre, d’éviter un relâchement dans la chasse.

Ici, ce sont 2.250 hectares qui sont concernés par les comptages et, formellement, les estimations ne peuvent donc pas être reportées à l’échelle de la Région. Mais à la question "nos Ardennes liégeoises sont-elles les seules concernées ?", il semble fort probable que la surpopulation ne soit pas un fait isolé à cet important massif forestier qui débute sur les hauteurs d’Aywaille…

Ce qui est sûr par contre, c’est qu’une surdensité peut donc aujourd’hui atteindre par endroits trois à quatre fois les densités dites à l’équilibre par rapport au milieu naturel.

Notons bien sûr, pour l’instant, que seul le cervidé non boisé est concerné par l’autorisation d’affût le dimanche et que cette autorisation est limitée à cette année de chasse 2017-2018; dans des conditions particulièrement strictes, à l’affût, une heure avant le lever du soleil, deux heures après et deux heures avant le coucher, une heure après.

Pourquoi une telle surpopulation ?

On pourrait remonter à des temps immémoriaux et évoquer l’absence de grand prédateur dans nos forêts pour expliquer la surpopulation en gros gibier. Mais les raisons de la surpopulation sont diverses... et le sanglier n’est donc pas le seul animal concerné, les comptages évoqués ci-contre le démontrent… et que dire du petit gibier, des renards ?

Du côté du Département de la nature et des forêts de la Région wallonne, on explique ce nombre important de cervidés par des facteurs multiples. "Il y a tout d’abord une absence d’hiver rigoureux", explique Catherine Barvaux, chef de cantonnement au DNF. "Ce qui a pour conséquence qu’il n’y a pratiquement plus de mortalité dans les jeunes". La spécialiste évoque également le manque de prélèvements… Et si derrière, les quotas de chasse ne sont pas respectés, le problème ne fait qu’amplifier d’une année à l’autre.

On pourrait aussi se poser la question du travail réalisé par les chasseurs… mais il faut logiquement se rendre comtpe que, ces dernières années, les quotas ont fortement augmenté. Par ailleurs précise Catherine Barvaux, "il n’est pas toujours simple de fermer la forêt pour chasser de façon optimale et sécurisée". Rappelons dans cet ordre d’idées que l’autorisation citée est une chasse à l’affût.