Liège Tensions entre la police et 70 cyclistes, les versions divergent !"
Une promenade en vélo qui tourne mal... tel aurait pu être le titre d'un film de Série B diffusé vendredi soir sur les ondes. Mais vendredi soir à Liège, la réalité a dépassé cette fiction. Et depuis deux jours, on ne parle que de cela à Liège, de cette confrontation entre 70 cyclistes et 35 policiers. Petit retour en arrière...
Alors qu'une septantaine de cyclistes s'étaient réunis vendredi pour leur traditionnelle promenade dans le cadre de Masse critique (organisée tous les derniers vendredis du mois à Liège), une confrontation avec la police, plutôt musclée, a fait dérailler le peloton. Dès ce samedi, sur les réseaux, les défenseurs du deux roues dénoncaient dès lors ce déploiement de force "tout à fait disproportionné"

Il faut dire que 15 combis et 35 policiers ont été mobilisés, dont le Peloton anti-banditisme. Une personne a été arrêtée et, ce lundi, le bourgmestre de Liège annonçait rencontrer les différents acteurs du "dossier", pour calmer les esprits.

"Intervention policière anxiogène et injustifiée", "violence du dispositif", "entrave à la liberté", "affirmation policière mensongère", "pression policière", "une personne malvoyante séparée de son accompagnateur"... et on en passe. Les organisateurs de cette Masse critique tout comme de nombreux citoyens liégeois et plusieurs élus d'Ecolo, du PTB ou de Vega s'interrogent aujourd'hui et demandent des comptes. C'est d'ailleurs l'objectif de la rencontre avec le bourgmestre... mayeur qui devra sans doute encore en débattre lors du conseil communal prévu ce lundi soir.

Du côté policier toutefois, les explications divergent de celles livrées par les internautes. Si on ne conteste pas l'intervention musclée, les 15 combis et les 35 policiers, on évoque une situation conflictuelle créée par les cyclistes eux-mêmes. Habituellement en effet, le rendez-vous de Masse critique est fréquenté par une dizaine de cyclistes, "cette fois, ils étaient une septentaine et dès leur passage place Saint-Lambert, ils ont bloqué le rond point Notger provoquant une importante congestion du trafic, vendredi à 18h, raison pour laquelle nous avons décidé d'encadrer ce cortège", précise Stéphane Pelet, directeur opérationnel adjoint à la police de Liège. 

C'est alors que les tensions sont apparues et, selon la police, ce sont les cyclistes qui ont provoqué le conflit. "Cela a été l'escalade, il y a eu de plus en plus de débordements, ils ont pris certaines rues à contresens, pas le boulevard de la Sauvenière mais d'autres rues. Ils sont montés sur les trottoirs, des feux rouges ont été brûlés et des tracts étaient aussi distribués. Il y a eu entrave à la criculation avec une mise en danger d'autres usagers de la route. Après la place Général Leman, nous avons finalement décidé d'arrêter tout cela et de contrôler les personnes, c'est logique".

L'arrestation musclée d'un participant ? Ce dernier était sous influence de produits stupéfiants justifie-t-on, il serait d'ailleur resté en garde à vue durant 5 h. "C'est pendant son contrôle qu'il s'est rebellé mais tout ce que la police a fait est une arrestation et un maintien des autres à distance, rien de plus. Evidemment si on isole une image...". Et alors que la tension montait encore d'un cran, certains cyclistes auraient évoqué un "passage en force".
En marge des rencontres organisées par le bourgmestre de Liège, plusieurs cyclistes pourraient se rendre symboliquement devant l'hôtel de ville ce lundi soir, où se déroulera le conseil communal du mois.