Liège Le député bourgmestre d'Oupeye veut un Master Plan et souhaite avant tout consulter la population.

Nous n’y sommes pas encore mais presque… en avril 2019, la mise sous cocon du site de Chertal à Oupeye sera levée. Et la question de l’avenir du site de se poser plus concrètement encore qu’aujourd’hui. Nul ne l’ignore, il n’est plus question de relancer la sidérurgie sur Chertal où chaque semaine, des dizaines de kilos de cuivre se volatilisent… Mais si Arcelor doit se charger de la dépollution des lieux, la question de la reconversion du site appartient à la Région.

Or selon Mauro Lenzini, député wallon socialiste et bourgmestre en titre d’Oupeye, le temps presse et certains scénarios ne rassurent pas. Ce dernier nous a confié être particulièrement inquiet pour l’avenir du site; il compte (ré) interroger le ministre de l’Économie Pierre-Yves Jeholet sur la question.

"Ce que je souhaite, c’est qu’Oupeye conserve la maîtrise, je pense donc qu’il serait pertinent que la population soit consultée", explique Mauro Lenzini, "je refuse qu’on réalise ici un deuxième Trilogiport, envisager son extension sur Chertal pourrait en effet avoir des conséquences importantes sur la quiétude des riverains, nous ne le voulons pas".

Que faire à Chertal dès lors ? Le député d’Oupeye a sa petite idée et, pour la concrétiser, il dit avoir besoin du savoir-faire de la Spi. "Un peu comme cela s’est fait à Seraing, il faut constituer un Master Plan sur le devenir de Chetal, en tenant compte du type de reconversion que nous voulons".

En 2015 déjà, les autorités d’Oupeye s’exprimaient en faveur d’une occupation, le long de la Meuse, par de l’habitat et du loisir… tandis que le développement économique pourrait se développer du côté du canal. "Mais loin de l’habitat", précise Mauro Lenzini qui insiste sur "des entreprises non bruyantes et non polluantes". Pas de Trilogiport bis en tout cas…

La mobilité est, il le sait, un paramètre majeur de ce dossier. "Sur cet aspect, nous nous sommes battus comme des lions pour avoir le pont Nord et pour éviter que le charroi du Trilogiport passe par Hermalle, ce n’est pas pour faire revenir ce charroi par un autre endroit". La solution ? "Un pont Sud", assure le socialiste… qui, on l’aura compris, compte bien mener ce dossier à son terme.

Le public va-t-il perdre la main face au privé ?

C’est une des craintes du député PS si le gouvernement ne prend pas ses responsabilités

Ce n’est pas un secret, le socialiste d’Oupeye et l’ex-ministre de l’Économie, Jean-Claude Marcourt s’entendaient bien… sur le dossier de Chertal notamment. Ca…ligne de conduite était claire et maîtrisée, explique Mauro Lenzini : "Après la mise sous cocon, c’est la Foncière liégeoise qui devait reprendre la main".

Aujourd’hui toutefois, les remous qu’a connus le parlement wallon font craindre le pire et, déjà, le député socialiste a interrogé le ministre libéral Pierre-Yves Jeholet sur ce dossier brûlant. "Mais les réponses laconiques que nous avons eues en retour m’inquiètent", avoue-t-il. Tout comme les commentaires "évasifs" du ministre sur ce dossier.

"À mon grand étonnement en effet, fin octobre, le gouvernement wallon annonçait la disparition par absorption dans la Sogepa de la Foncière liégeoise, remarque Mauro Lenzini. Quelle sera la réaction d’Arcelor ? Et des syndicats ?"

Le député ne parle pas encore de catastrophe, mais il préfère tirer la sonnette d’alarme, pour Oupeye… "Ma crainte est clairement que l’on aille vers un flou artistique. Il y a des exemples de reconversions de site d’Arcelor qui sont des réussites, mais ici on n’est sûr de rien, or le temps passe..." et le temps presse doit-on comprendre d’autant que ce site de Chertal, entre la Meuse et le canal Albert, à l’un des carrefours de l’Europe, devrait séduire de nombreux investisseurs… si ce n’est déjà fait.

Quid si la Foncière liégeoise perd la main ? C’est la question que se pose le socialiste. "Mon objectif n’est pas de dire que quelque chose est mal fait, mais si l’on opte pour une position de rupture avec ce qui a été fait, on risque de perdre encore énormément de temps. Et je crains au final que le gouvernement wallon ne donne qu’un avis très général sur ce site et qu’on laisse faire le privé".

Sur de tels terrains, à deux pas d’Hermalle, de Vivegnis et du centre d’Oupeye, ce n’est pas envisageable pour Mauro Lenzini.