Liège

Chacun a semble-t-il campé sur ses positions, rejetant l’intention de tuer l’homo…

LIÈGE C’est vers minuit, dans la nuit de mercredi à jeudi, que la reconstitution du meurtre d’Ihsane Jarfi a pris fin. Ce devoir d’enquête a été mené dans un hangar de Vottem et a été filmé pour permettre aux huit parties civiles et aux avocats de la défense de la regarder à distance. Tous les avocats et les personnes de la famille présentes avaient été invitées à s’installer dans trois minibus différents. C’est de là que tout le monde pouvait regarder, en direct, la reconstitution.

Les prévenus se sont succédé près de la voiture et ont donné leur version des faits. Après chaque passage, les avocats qui le désiraient pouvaient poser des questions. Ils signalaient leur intention au policier qui se trouvait dans le car et ce dernier prévenait les magistrats qui procédaient au devoir d’enquête. Les conseils pouvaient ensuite s’approcher et poser leurs questions aux inculpés.

Pour en revenir au fond du dossier, il semble que les quatre hommes accusés d’être responsables de la mort de cet homosexuel liégeois âgé de 32 ans ont campé sur leur position. Pour rappel, Ihsane Jarfi a disparu le 22 avril à la sortie d’une boîte de nuit gay bien connue des fêtards liégeois. Cette nuit-là, Ihsane a été accosté par des jeunes qui circulaient à bord d’une VW polo grise et qui était conduite par Eric Parmentier. À bord, il y avait aussi Mutlu Kizilaslan, Jonathan Lekeu et Jérémy Wintgens.

Manifestement, Ihsane est monté de son plein gré dans le véhicule. D’après les premiers témoignages de certains des occupants, Ihsane aurait rapidement fait des propositions sexuelles. Les jeunes dans la voiture l’ont mal pris et lui ont alors porté de violents coups. Qui ? La reconstitution n’a pas permis de déterminer les responsabilités exactes de chacun. Il faut écrire que, malgré le caractère collaborant de leur participation, trois des quatre inculpés se rejettent pas mal la pierre et réfutent le caractère homophobe de l’agression et ce, même si Ihsane a été enfermé dans le coffre de la voiture et déshabillé.

Ajoutons également que, lors de ses précédentes auditions, Parmentier a admis avoir donné le premier coup et ce, “pour donner une leçon à l’homo” . Tous, par contre, nient l’intention de tuer Ihsane, affirmant l’avoir abandonné, certes dans un endroit peu fréquenté, mais en vie. La dépouille de malheureux n’a d’ailleurs été retrouvée par deux marcheurs qu’une dizaine de jours après les faits, dans un champ situé à Villers-le-Temple.



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