Liège Le cas de la papeterie malmédienne (Intermills-Gruppo Cordenons) passe au tribunal ce jeudi

Une faillite qui ne passe pas comme une lettre à la poste, c’est le moins que l’on puisse écrire. Voici dix ans déjà que la direction italienne Gruppo Cordenons annonçait sa volonté de fermer et de liquider son implantation située le long de la Warche… la papeterie Steinbach. Et dix ans plus tard, ce cas (isolé ?) se retrouve davant le tribunal. Ce 29 novembre en effet, le Tribunal de Première Instance de Liège analysera ce cas. À travers ses délégués syndicaux, la FGTB s’est constitué partie civile dans le cadre de la plainte pénale instruite suite à la faillite.

Pourquoi cette plainte ? Très concrètement, la FGTB accuse le groupe d’avoir organisé une faillite et ce, dans le but de se libérer de toute obligation sociale vis-à-vis des travailleurs. Petit retour en arrière…

Après une première restructuration en 2007, "qui avait amené la perte de 107 emplois", la direction italienne de Gruppo Cordenons (propriétaire), annonçait donc fin août 2008 sa volonté de fermer et de liquider l’implantation malmédienne. En fin d’année toutefois, en pleine procédure Renault, un investisseur canadien repreneur était annoncé, "et pour 177 familles, l’espoir renaissait", se souvient-on à la FGTB. La joie ne dura que peu de temps toutefois. La convention de cession des parts prévoyait un refinancement de 2 millions de livres sterling et des conditions de remboursement de l’endettement. Jamais les engagements du repreneur canadien ne seront respectés. Avril 2009 : aveu de faillite.

Pour la FGTB de Verviers-Ostbelgien, cette manœuvre visait donc uniquement à libérer le groupe italien de ses obligations. Le syndicat socialiste n’est pas tendre avec le groupe en question. "En cédant l’entreprise pour l’euro symbolique à une société bidon par le biais d’un mercenaire industriel insolvable, le coût social de la fermeture du siège malmédien était, de facto, transféré vers la collectivité. Les travailleurs ont, de leur côté, perdu la possibilité de négocier une enveloppe sociale décente avec leur patron, qui pourtant continuait à l’étranger à faire des bénéfices". Pire dénonce la FGTB : "L’investisseur escroc a reproduit un scénario identique dans plusieurs autres entreprises au sein de l’Union Européenne".

On l’aura compris, au travers de ce procès et avec cette plainte, la FGTB plaide pour "un durcissement des règles de cession d’entreprise pour responsabiliser le cédant à l’égard des droits sociaux des travailleurs victimes de ses choix".