Liège

Séjour de rupture au Maroc pour de jeunes délinquants

WANDRE Comment réinsérer, resocialiser des jeunes délinquants qui ont séjourné en IPPJ ou des adolescents à problèmes dépendant des services d’aide et de protection de la jeunesse ? L’ASBL wandruzienne Vent debout a mis sur pied il y a trois ans un projet de séjours de rupture dans une ferme équestre.

L’initiative baptisée Le Cheval de l’espoir accueille des jeunes de 15 à 18 ans, au parcours souvent chaotique, et leur propose de partir pendant deux mois au Maroc. Mais pas en vacances… “Sur place, ils vont vivre en prise directe avec la nature. Ils doivent s’acquitter de toute une série de tâches : soins aux chevaux, entretien des bâtiments, jardinage, tâches ménagères… Leurs passeports sont confisqués dès le premier jour. Les jeunes sont privés de téléphone, d’ordinateur, de télévision, d’alcool, de drogues et d’argent de poche. Ils se lèvent avec le soleil et les seules distractions autorisées sont la lecture et les jeux de société. Mais nous instaurons un climat propice au dialogue, à l’écoute et au respect de l’autre” , explique Thierry Deprez, éducateur à Vent debout.

Cette vie rude et saine est un choc pour certains adolescents, totalement coupés de structures de vie. “La vie à la ferme est à l’opposé de ce qu’ils vivent en Belgique : déscolarisation, vie nocturne et mauvaises fréquentations. Notre but est de les réinsérer dans le tissu social, les responsabiliser et leur permettre d’expérimenter tout ce qu’exige une vie autonome” , indique Marie Mormont, psychologue à l’ASBL.

Les jeunes participent également à la vie de la communauté marocaine locale. “Ils travaillent sur des chantiers solidaires : retaper un puits, repeindre un bâtiment ou aménager un jardin public. De plus, ils prennent en charge des enfants handicapés et les initient à l’équitation” , souligne Thierry Deprez.

Parallèlement au séjour de rupture, l’association engage un travail de médiation entre le jeune, sa famille et son école et établit un programme personnalisé pour le retour. “Passer son permis de conduire, reprendre des cours ou une formation, tels sont les enjeux” , déclare l’éducateur.

S’il est difficile d’évaluer le taux de réussite de ces séjours de rupture, tant les problèmes rencontrés sont différents, l’équipe de l’ASBL l’affirme : ces jeunes y gagnent en estime de soi et intègrent enfin règles et limites. De quoi espérer se construire un avenir, loin des dérapages incontrôlés du passé.



© La Dernière Heure 2012