Liège

Le MR ne décolère pas... la Ville a déjà pensé à un plan B

Près de 2 millions d’euros, réservés dans le budget extraordinaire de Liège dès 2015; une volonté marquée par les autorités liégeoises de créer, au cœur de Sainte-Marguerite, un nouveau pôle central comprenant un commissariat et une crèche de 42 lits; quelques centaines de milliers d’euros en plus pour le raccordement à la fibre optique… et aujourd’hui un chantier bien avancé. Tout semblait "rouler" pour ce nouveau poumon du Faubourg de l’Ouest… jusqu’à cette "annonce" informelle que le bourgmestre aurait faite : il n’y aura pas de commissariat à Sainte-Marguerite, pas rue Saint-Sevrin du moins. Qu’est-ce donc dès lors ce bâtiment en cours de construction ?

Entre-temps en effet, le vétuste commissariat de la rue Hullos a brûlé. Et puisque le nouveau commissariat n’était pas sorti de terre, les policiers ont migré dans une aile de l’hôpital militaire Saint-Laurent… un hôpital qui semble plaire doit-on comprendre et qui pourrait donc devenir le point de chute de la police locale.

Raphaël Miklatzki, conseiller communal MR et fervent défenseur de SON quartier, ne décolère pas. "Ce changement est tout à fait inacceptable", commentait ce jeudi l’élu MR, "dans ce quartier densément peuplé qui compte plus de 2.000 élèves mais qui est aussi un quartier fragilisé, qui a beaucoup souffert dans les années 70, lorsqu’il fut coupé par l’autoroute urbaine notamment, un commissariat est absolument nécessaire".

La question qui se pose est bien sûr : est-ce légal de modifier l’affectation d’un bâtiment en cours de construction ? Puisque le projet est réalisé sur fonds propres, rien n’empêche la Ville de changer d’avis… Mais Pascal Rodeyns, candidat MR et, accessoirement, juriste, estime quant à lui que "le principe de bonne administration est ici clairement malmené". Le souci dit-il, se pose au niveau de la "gouvernance". "En effet, on ne peut pas investir des sommes considérables payées avec les impôts des Liégeois pour finalement changer d’avis". Et de relever également la problématique de "proximité". Clairement estime-t-on au MR, l’hôpital militaire est décentré. "Or la mission d’un commissariat de quartier, c’est une mission de proximité", insiste le juriste, "ne serait-ce que pour assurer les patrouilles pédestres. Une mission qu’on ne peut remplir correctement en étant cantonné à Saint-Laurent, derrière les grilles de l’hôpital".

Déjà, Raphaël Miklatzki a récolté 400 signatures de riverains en colère. "Cela ne peut pas se passer comme cela. Nous abjurons le bourgmestre et les échevins de tenir leur promesse, maintes fois répétée et budgétée".

Rien n'est perdu ?

La Ville a déjà pensé à la réaffectation de l’ex-futur commissariat. Et la police juge que Saint-Laurent est "une meilleure solution"

Face aux critiques libérales à l’égard de la gestion de cet épineux dossier, les réponses de la zone de police et des autorités communales ont au moins le mérite d’être claires… mais elles ne satisferont sans doute pas le MR.

Quant à la localisation de Saint-Laurent, jugée décentrée, le commissaire Jean-Michel Paquay dément. Pour ce dernier en effet, Saint-Laurent est tout simplement "une meilleure solution".

"Suite à l’incendie de la rue Hullos, nous avons dû chercher en catastrophe de nouveaux locaux et nous avons eu la chance d’avoir cette aile du bâtiment de Saint-Laurent. Aujourd’hui, il se trouve que c’est exactement ce dont nous avons besoin. Le site est bien situé, proche des axes importants, des voies rapides, avec du parking...".

Quid du rôle de proximité ? "C’est une base de départ et l’ensemble du personnel est dehors, il n’y a donc pas de problème particulier. La seule différence sera pour la rue Saint-Sevrin mais j’ai envie de dire que le maintenir pour cette rue serait une vision nombriliste".

Mais que fait-on de ce bâtiment en cours de construction, supposé accueillir un commissariat au départ ? "Rien n’est perdu", assure quant à lui Roland Léonard, échevin des Travaux, "en restant dans les budgets, on peut ici rassembler un ensemble de services paracommunaux, l’antenne du CPAS, le relais emplois, la régie de quartier et une maison intergénérationnelle". Sans modifier la structure du bâtiment doit-on comprendre… "ce qui permet de rationaliser les occupations actuelles, éclatées dans le quartier".