Liège Benoît Drèze et Laurent Minguet s’associent et proposent un projet innovant, de tourisme et d’économie sociale

À Tilff, il y a le pont… mais il y a aussi les Prés. Deux dossiers qui ont assurément cristallisé toutes les tensions ces dernières années dans la petite entité. Et dans un dossier comme dans l’autre, 2018 semble être une année charnière.

Si les travaux du pont ont en effet bien débuté, le domaine des Prés de Tilff s’apprête aussi à revivre puisque l’appel à manifestation d’intérêt sera lancé dans quelques semaines. En exclusivité, nous avons rencontré un candidat repreneur qui lève le voile sur ce qu’il ambitionne "pour ce site exceptionnel".

Au travers de son activité d’entrepreneur social, Benoît Drèze s’est associé à l’homme d’affaires Laurent Minguet pour concevoir un projet touristique mais aussi social, le tout sur fond de développement durable. "Notre volonté est d’abord de relancer le site de façon touristique et attractive, explique Benoît Drèze, ce qui signifie que nous souhaitons conserver la piscine." L’une des plus grandes du pays précise-t-il. "Car il y a un réel potentiel, notamment pour le grand public qui n’a pas la chance de partir en vacances et qui trouve ici un site idéal."

Le hic, c’était la rentabilité d’une telle infrastructure, réellement exploitable quatre mois par an ; raison pour laquelle il s’agirait d’y associer, dans cette nouvelle mouture, une autre activité touristique, à savoir des gîtes et un espace de camping de qualité, en amont dans le domaine, voire un espace d’accrobranches, sur l’île au Moulin.

Sur place, on trouverait, in fine, une piscine, de l’Horeca, une plaine de jeux mais aussi cette offre de logements touristiques auxquels seraient associés un centre de séminaire et un espace wellness, avec une dizaine de chambres au total. "Un réel complexe attractif", insiste Benoît Drèze.

Quant à l’autre finalité des Prés, qui ne dépendrait pas des "saisons", elle s’envisage donc dans le domaine du social, que connaît bien l’entrepreneur. Trois sociétés s’installeraient sur le domaine : une immobilière, associant Step Group et Laurent Minguet, une autre orientée sur l’insertion et la remise à l’emploi de personnes peu qualifiées et, enfin, une troisième de formation par le travail. "Il s’agirait pour ce dernier volet de profiter des opportunités que propose le site pour garantir des formations dans l’Horeca, ajoute l’entrepreneur, mais aussi dans les parcs et jardins ou dans le gardiennage." Avec une base de 20.000 heures de stages par an. Et les Prés de Tilff de rester actifs ET attractifs… toute l’année !

Développement durable !

C’était l’un des (gros) points noirs de l’ancienne "version" des Prés de Tilff : l’énergie ! Malgré d’importants investissements publics dans la rénovation (2 millions en 2004), les carences restaient conséquentes. À l’époque, une fuite sous la dalle de la piscine et dans les captages d’eau engendrait une perte de 100 à 200 m3 par jour. Quant au chauffage (mazout), le domaine des Prés affichait quelque 65.000 litres consommés par an ! Rien que cela. Les exploitants ont donc fini par jeter l’éponge, c’était en 2010. Pour éviter pareille "déperdition", le projet de Benoît Drèze et de Laurent Minguet s’appuierait dès lors sur un site "exemplaire d’un point de vue du développement durable", avec l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit du bâtiment principal notamment. Pour remplacer la chaudière à mazout ? Une chaudière cogénération, alimentée en pellets, fournirait chaleur et électricité. Pour le parc et l’espace gîte, un réseau de conduites souterraines, type chauffage urbain, serait créé. Quant à la piscine, il s’agit de "fermer le fond", en prenant soin de boucher les arrivées d’eau actuelles et en réalisant de nouveaux captages, via un puits. Piscine toujours : un système de compartimentage est envisagé, "pour ne pas tout chauffer d’un coup", précise Benoît Drèze. Un volet placé sur la piscine permettrait enfin de conserver un maximum de chaleur.

Benoît Drèze Entrepreneur social

"Une turbine sur l’Ourthe"

"Au niveau de l’alimentation électrique, nous avons aussi pensé à une turbine hydroélectrique, directement placée dans l’Ourthe ; cela pourrait alimenter tout le site. Le problème, c’est qu’on ne pourrait pas l’utiliser en été, à cause du débit. Mais nous avons eu des contacts avec l’entreprise Merytherm, cela reste possible, en installant une échelle à poissons à côté d’une turbine hélicoïdale, pour le passage des poissons précisément. Ceci serait idéal mais pour des raisons pratiques, ça reste une option".