Liège Retour sur le drame qui s’est déroulé ce week-end à Liège… un jeune de 22 ans s’est tué; il semblait être sous influence

Tragique, dramatique… ce week-end, un jeune homme de 22 ans a perdu la vie alors qu’il participait au festival Les Ardentes à Liège. Dans la nuit de samedi à dimanche en effet, ses amis ont perdu sa trace alors qu’il se trouvait au camping… il semblait dans un état second. Le jeune homme s’était en fait rendu quelques rues plus loin (rue Marexhe), hors du festival, et s’est retrouvé sur le toit d’une habitation de trois étages. Malgré les tentatives des riverains et des secours pour le faire descendre, il a sauté dans le vide, après avoir tenu des propos qualifiés de "délirants".

Suite à ce drame qui semble être lié à la drogue - selon les témoignages du moins car, à ce stade, on ne peut affirmer qu’il était sous influence, les analyses étant en cours - le débat sur les dangers de la drogue s’ouvre à nouveau. Dans plusieurs événements festifs tels que les festivals, des mesures sont prises… et aux Ardentes, l’approche divise.

Si la tolérance zéro était d’application quant à la drogue (le Parquet avait prévenu), certains regrettent en effet l’absence d’une prévention propre aux drogues dures (lire ci-dessous).

Pour Fabrice Lamproye, organisateur des Ardentes, le festival fait pourtant tout ce qu’il peut… "Honnêtement, nous pouvons difficilement faire plus. Nous avons beaucoup de partenaires qui travaillent sur la prévention. Solidaris notamment. Et le travail avec la police est permanent, certains trouvent même que l’aspect répressif est excessif mais nous essayons d’aller au bout du processus". Fabrice Lamproye le reconnaît aussi, "c’est difficile d’éviter le pire et d’être 100 % efficace, même si nous prenons un maximum de précaution".

Sur place en effet, l’équipe de Latitudes Jeunes (Solidaris) est particulièrement active… "Nous formons des jeunes qui vont à la rencontre des festivaliers", explique Catherine Benier, "mais notre travail est essentiellement tourné vers l’alcool ainsi que sur les maladies sexuellement transmissibles, la contraception, etc. Nous distribuons des préservatifs et le manuel du fêtard. Globalement, nous sommes bien reçus par les festivaliers". Les drogues dures ? "Nous ne sommes malheureusement pas formés pour", reconnaît Catherine Bernier. Latitudes Jeunes sera également présent aux Francofolies, à Ronquières ou à Scène sur Sambre.

Pas de prévention "drogue dure"... une lacune ?

Certains regrettent que la prévention "s’arrête" à l’alcool, le sexe et les drogues douces

C’est un reproche que certains émettent, au lendemain de ce drame survenu aux Ardentes : si des stands de prévention sont effectivement mis en place dans le festival, pour l’alcool, le sexe, les drogues douces… les drogues récréatives voire dures semblent être le parent pauvre des Ardentes en matière de prévention…

Active dans plusieurs festivals comme à Dour (du 11 au 15 juillet cette année), l’association Modus Vivendi s’est quant à elle spécialisée dans la prévention à l’égard des jeunes et ce, relativement aux drogues dures. Jamais toutefois cette association n’a été conviée à participer activement aux Ardentes. La raison ? "Cela dépend des organisateurs", nous explique-t-on laconiquement chez Modus Vivendi.

Certains y perçoivent clairement une lacune. Car si les Ardentes n’ont pas la réputation d’être un festival où les drogues dures circulent abondamment, il serait illusoire de croire que ces drogues n’y sont pas présentes.

L’organisation qui, précisons-le, n’est nullement en cause, s’exprime quant à sa politique de prévention et justifie son choix… "Le public des Ardentes n’est, a priori, pas un public porté sur les drogues dures. L’an dernier par exemple, nous n’avons eu aucune hospitalisation liée à l’usage de drogues. Nous n’avions donc pas de raison d’avoir cette crainte" , explique Fabrice Lamproye. "Par le passé, nous avons toutefois déjà eu des actions de prévention lorsque le festival était plus porté sur l’Électro mais, encore une fois, si ce cas est dramatique, il est heureusement isolé".

Une réflexion à mener pour l’édition 2019 suite à ce drame survenu en marge du festival liégeois ? "Bien sûr, chaque année on se remet en question et ceci aura logiquement un écho sur le dispositif l’an prochain".

Caroline Saal Conseillère Écolo ( Tête de liste Vert Ardent)

"Il faut un stand de réduction des risques"

"Ce genre de drame, heureusement isolé, rappelle la nécessité de prévoir aux Ardentes un stand de réduction des risques, comme il en existe dans d’autres festivals. Ce type d’endroit permet de donner des informations mais aussi d’accueillir les personnes qui sont en surdose ou en décompensation. Cela fait partie de notre programme chez Vert Ardent et nous plaidons pour revoir la convention entre la Ville et les Ardentes pour qu’il y ait effectivement ce type de stand l’an prochain".