Liège

Le tribunal l' acquitté, estimant que l’enquête ne s’était bornée qu’à cibler un seul suspect


Thierry, 52 ans, un ancien employé de l’entreprise BouMatic de Remicourt qui était soupçonné d’avoir incendié les lieux a été acquitté par le tribunal correctionnel de Liège. Le prévenu a bénéficié du doute. Le tribunal a relevé tous les éléments à charge qu’il a qualifié « d’indices », mais a estimé que tous ces éléments mis bout-à-bout ne constituaient pas une preuve. Le juge a également souligné que l’enquête s’était bornée à cibler un seul suspect. Une décision rendue en l’absence de Thierry qui encourait tout de même quatre ans de prison, mais aussi de devoir rembourser les près de 1.175.000 euros de dégâts provoqués par le sinistre ! 

Pour rappel, le 6 décembre 2013, le feu s’est déclenché vers 4h 30 dans l’entreprise située rue Jules Mélotte à Remicourt. Le feu a causé énormément de dégâts dans l’entreprise spécialisée dans la production et la vente de machines destinées à l’agriculture et la sylviculture. En effet, comme l’a relevé l’expert "le feu a été bouté de manière à provoquer le plus de dégâts parce qu’il avait été bouté à plusieurs endroits à l’aide d’un produit accélérant".

Quelques jours après les faits, interrogée sur les soupçons qu’elle avait, la direction de l’entreprise a cité le nom de Thierry. Ce dernier était en long congé de maladie à la suite de problèmes d’alcoolisme. L’homme avait également émis le souhait d’être licencié ce que l’entreprise refusait. Il reprochait aux syndicats de ne pas l’avoir bien défendu. Thierry a été présenté comme un mythomane qui avait émis des souhaits de vengeance. L’homme aurait laissé sous entendre lors d’une conversation téléphonique qu’il pouvait être l’auteur des faits et serait revenu sur place pour montrer à sa compagne les lieux, quatre mois après l’incendie. Deux autres noms ont également été prononcés comme étant des suspects potentiels. Ces personnes avaient été dénoncées dans des faits de malversations au sein de l'entreprise. Ces deux autres suspects ont uniquement été entendus par la police. Ils ont nié les faits et les investigations n’ont pas été plus poussées.

"L’analyse des différents éléments obtenus à la suite des devoirs d’enquête permettent donc de porter certains soupçons sur le prévenu mais ceux-ci ne constituent toutefois pas des preuves suffisantes pour entraîner la culpabilité de l’intéressé au regard de la prévention", relève le tribunal qui a acquitté Thierry au bénéfice du doute.