Liège

Le trentenaire a demandé à l’adolescent d’effacer le message qu’il lui avait envoyé

Vincent, 43 ans, un habitant de Seraing a écopé d’une peine de 2 ans de prison et 6.000 euros d’amende pour avoir débauché un mineur âgé de 15 ans. 

Une condamnation prononcée par défaut alors que le prévenu avait comparu lors d’une précédente audience. 

Le 15 février 2015, Fabrice (prénom d’emprunt pour protéger l’identité de la victime), 15 ans, s’est rendu au commissariat de Seraing avec sa maman. Le jeune garçon a expliqué avoir fait la connaissance de Vincent chez sa grand-mère. Ils ont parlé de jeux électroniques. Vincent lui a demandé de lui donner son numéro de GSM, ce que le jeune homme a fait, sans y voir malice. 

Le jeune homme s’est ensuite rendu dans un hôpital de la région dans lequel Vincent travaillait. L’adolescent devait y recevoir des soins. 

Le 14 février 2015, le jeune homme a reçu un SMS de Vincent. Ce message ne laissait planer aucun doute sur les intentions du quadragénaire vis-à-vis de l’adolescent. « J’ai envie de sucer un garçon et j’ai pensé à toi. J’ai envie d’essayer, si tu me rends ce service tu ne le regretteras pas. Efface le message et cela reste entre-nous. » 

Le jeune homme a refusé cette proposition et s’est rendu au commissariat avec sa maman pour déposer plainte. 

L’auteur du message a été convoqué à la police. Il a été entendu le 31 mars 2015. Il a admis avoir envoyé le message au jeune garçon, mais a déclaré ignorer pour quel motif il l’avait fait car il n’aurait pas eu d’attirance amoureuse pour le jeune homme selon ses dires. Il a ajouté qu’à la suite de ces faits, il a perdu son emploi. 

L’homme a réitéré ses explications devant le juge tout en soulignant que la punition avait été très forte car il avait perdu son travail. L’expert psychiatre a estimé que l’intéressé avait une attirance pour les jeunes garçons, mais pas de paraphilie manifeste. L’expert a qualifié sa personnalité de « fragile, globalement immature et paranoïaque. » 

 Le tribunal a relevé la gravité des faits, l’absence de prise de conscience du prévenu de la gravité de ceux-ci et des conséquences pour la victime, mais aussi de ses antécédents judiciaires spécifiques. Vincent avait demandé à pouvoir bénéficier d’un sursis probatoire mais ne s’est jamais présenté au centre spécialisé qui devait évaluer l’intérêt d’une telle mesure dans son cas. 

 Le tribunal a donc décidé qu’une sanction de prison ferme devait lui être appliquée.