Liège Le projet de Pierre Arnould séduit le Centre d’études Simenon et John Simenon.

C’était il y a plus de 25 ans, Georges Simenon, le plus prolifique et, sans doute, le plus renommé des auteurs liégeois, décédait… et depuis presqu’autant d’années, cette question revient incessamment : où installer ce centre muséal dédié à l’illustre Liégeois ?

Même si le projet semble être tombé aux oubliettes en effet, la volonté demeure, tapie dans l’esprit de nombreux politiques et universitaires; d’autant que, dans ce centre, on retrouverait logiquement le Fonds légué par l’auteur à l’ULg et qui est actuellement hébergé au château de Colonster.

Pour concevoir ce centre, il faut de l’argent bien sûr; tel est (toujours) le nerf de la guerre. Y a-t-il du neuf dans ce dossier ? On est en droit de le penser puisque, si aucune ébauche précise n’avait séduit jusqu’à présent, le projet que nous a dévoilé Pierre Arnould innove, en ceci qu’il séduit justement.

Cet ingénieur civil à la retraite ayant jadis participé au projet (avorté) de transport automatisé urbain a en effet planché - "magnifiquement" si on en croit les commentaires qui nous sont parvenus -, sur un projet de Centre Simenon. Ambitieux, flottant au-dessus de la Meuse mais terre à terre. Nous l’avons rencontré, il nous livre les détails de son projet qui comble déjà le Conseil de gestion du Centre d’études Simenon… et John Simenon lui-même, le fils de Georges.

"Il n’aura échappé à personne que l’espace situé quai Roosevelt, l’actuelle chaufferie, mérite d’être valorisé", nous indique Pierre Arnould. Pourquoi ici ? Car la chaufferie est devenue obsolète et que l’homme y verrait bien une "destination en harmonie avec la Faculté de Philosophie et Lettres voisines". Cohérent et, ce qui ne gâche rien, aussi en harmonie avec ce souhait de John Simenon d’avoir un centre "idéalement à proximité de la Meuse".

À l’instar des extensions de la bibliothèque de Copenhague que l’ingénieur cite en référence, c’est en surplomb d’une voirie (le quai) et même d’un plan d’eau (la Meuse) que se développerait ce centre, telle la proue d’un navire, avec une vue sur "l’itinéraire Simenon".

On aurait ici deux niveaux situés au-dessus de la passerelle, à 8 et 12 mètres, offrant deux espaces de 1.000 m² chacun. "Et au-dessus du second niveau, on aurait une toiture végétalisée", poursuit Pierre Arnould qui se plaît déjà à imaginer les soirées thématiques proposées sur cet espace qu’il conçoit comme "ouvert à tous les publics".

Autre intérêt de l’implantation : être multifonctionnelle. Ici, on imagine en effet ce centre muséal mais aussi une nouvelle bibliothèque pour l’ULg ainsi que des salles de lecture. Qui plus est sensible à la symbolique, l’inspiré concepteur imagine une évocation littéraire qui prendrait ici tout son sens, avec cette "façade" côté Meuse en acier microperforé, permettant de reproduire le portrait de l’auteur voire la première page du récit autobiographique Pedigree. Séduisant en effet…

Un détail encore sur ce projet estimé à 10 millions : son impact sur la voirie est jugé nul et n’altérerait aucunement le projet de parking sous la place Cockerill. Reste à savoir bien sûr si les instances subsidiantes et/ou universitaires percevront ici un intérêt pour la culture et le tourisme liégeois. C’est la clé…