Liège Le projet est sur la table du collège qui se décidera à l’automne

Une demande de permis unique pour la construction d’une porcherie industrielle de 1600 porcs et d’une éolienne, ça ne passe pas inaperçu. Et ça ne passe pas du tout pour les riverains du lieu-dit "Sérezé-Croix Polinard" où cette infrastructure est pressentie.

L’enquête publique s’est achevée fin de la semaine dernière et a suscité une vive réaction puisqu’une trentaine de courriers de réclamation sont parvenus à l’administration communale. Quelques-uns d’entre eux ont également sollicité un soutien politique et celui de l’opposition Ecolo en particulier qui a assisté à la réunion de clôture. Ecolo - qui s’appellera Transition citoyenne lors des prochaines élections - s’oppose clairement à ce projet, et ce, pour diverses raisons.

"Le projet causera inévitablement des problèmes urbanistiques, environnementaux et d’aménagement du territoire", assure Herbert Meyer. "Le principe de l’élevage industriel hors-sol est en contradiction flagrante avec notre conception d’une agriculture familiale liée au sol, d’une économie circulaire en général et de soutien aux producteurs et (re) vendeurs de produits locaux en circuits courts en particulier. Par ailleurs, le Pays de Herve se trouve en zone sensible épandage, ce qui pourrait avoir des conséquences directes pour l’exportation du lisier vers la Flandre et/ou la Hollande."

Mais, ce n’est pas tout… Il y a aussi une activité économique à proximité de l’endroit "et cette exploitation, selon les vents dominants, pourra mettre en péril ce centre de bien-être. Par ailleurs, le cadre et la qualité de vie de dizaines de familles seront particulièrement impactés. D’une part à cause des odeurs persistantes dues aux effluents malgré une ventilation moderne et des épandages réguliers de purin sur les terrains du propriétaire mais aussi à cause du bruit d’un trafic permanent de camions d’entrées et sorties de porcs et cela surtout pendant la nuit y compris les cris des porcs pendant les transferts. Il ne s’agit pas d’une production en circuit fermé, car les porcelets arrivent d’une exploitation extérieure".

On l’aura compris, le débat est lancé. La Région wallonne dispose de 120 jours pour rendre un avis. Mais, en définitive, le dernier mot reviendra au collège, lequel devrait se positionner en septembre prochain au plus tard.